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Les Coéquipiers : le Business Game Décathlon où immersion rime avec passion !
Par : Jennifer Boukris
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Les Coéquipiers : Business Game Décathlon 2015

Passion, fun, partage, transparence et bien sûr sport : tels sont les ingrédients de la potion magique qui permet à Décathlon d’attirer et de détecter ses futurs talents. Dernière opération séduction en date : Les Coéquipiers – Saison 4. A l’occasion de la grande finale organisée à Lille-Campus, j’ai eu l’opportunité de découvrir les coulisses du Business Game d’une entreprise pas comme les autres.
2 semaines déjà ont passé depuis les résultats. Il était grand temps que je vous en parle !!

En marge des épreuves proposées aux Coéquipiers 2015, Nicolas Cabaret (DRH France), Yann Thomas (Responsable RH France), Vincent Ventenat (Responsable Innovation) et Annabel Equille (participante lors de la Saison 2 et co-organisatrice de la Saison 4 en tant qu’apprentie RH) ont accepté de répondre à mes questions. L’article est donc émaillé de leurs précieux témoignages. Un grand merci à eux pour leurs contributions respectives. 🙂

Allez, c’est parti pour une immersion au coeur d’une des enseignes préférées de Français, là où le plaisir ne s’arrête jamais ! Décathlon vous ouvre ses portes !

 

L’enjeu : conjuguer Marque Commerciale forte et Marque Employeur gagnante

Comme le rappelait encore récemment Nicolas Galita, une marque commerciale séduisante ne signifie pas toujours dire une image employeur attractive. Et Décathlon a beau figurer parmi les entreprises préférées des Français, les candidats ne pensent pas forcément à l’enseigne quand il s’agit de chercher un 1er job.

 

Dur dur de séduire les étudiants !

On le sait bien, les étudiants plébiscitent plus ou moins toujours le même Top 10 d’une année sur l’autre. Que ce soit en France ou à l’échelle Européenne, même constat et même combat !

Alors voilà, la problématique de Décathlon n’est pas très originale, mais elle n’en reste pas moins cruciale. Décathlon recrute un volume important de vendeurs et de responsables de rayons notamment. Sa cible privilégiée : les 18-24 ans. Le Groupe doit donc impérativement se faire mieux connaître et mieux aimer par les étudiants.

Certes, l’enseigne propose de nombreux postes à temps partiel pour les étudiants qui travaillent tout en poursuivant leurs études et ça tout le monde le sait. Mais Décathlon c’est plus que cela. C’est aussi une croissante continue, 60.000 collaborateurs dans le monde, et un développement à l’international qui promet de belles opportunités d’évolution.

« Le business game c’est ça : l’idée c’est de montrer aux étudiants que derrière l’acte d’achat, il y a plein de possibilités, de perspectives et de parcours possibles qui s’offrent à eux », explique Yann Thomas.

Si un étudiant en design a travaillé le samedi chez Décathlon ce sera un très gros plus à valoriser quand il postulera pour un poste à temps plein. Tout l’enjeu aujourd’hui est justement de faire savoir à cet étudiant qu’il y a aussi des postes de designer chez Décathlon et de l’amener à postuler pour un éventuel CDI. Il aura alors l’avantage de connaitre les produits, les clients, les problématiques métiers.

Et Nicolas Cabaret de témoigner de sa propre expérience :
« Je suis un pur produit Décathlon : j’ai commencé responsable de rayon, je suis maintenant DRH et j’ai été responsable communication entre temps. Il n’y a pas forcément un dénominateur commun en termes de métier, mais les dénominateurs communs ce sont la passion du sport, la capacité à prendre des décisions, à servir le client. C’est ça qu’on a envie de communiquer aux étudiants ! […] J’ai changé 7 fois de métiers en 15 ans et je ne suis pas un cas exceptionnel. C’est l’ambition que j’ai en tant que DRH France : de proposer ce type d’enrichissement. »

 

marque employeur décathlon

 

Le vrai visage de Décathlon : ses collaborateurs passionnés

Aujourd’hui, explique Yann Thomas, « Ce qu’on dit à l’extérieur, on doit le dire également en interne. Les gens chez Décathlon ont des choses à raconter, ce sont les meilleurs ambassadeurs« .

La campagne « Passionnés depuis… » a d’ailleurs eu un très fort impact en interne.
« Au debut les mains se sont levées timidement pour participer, et maintenant qu’ils ont vu le résultat, ça se dispute pour participer. On aimerait l’ouvrir à un maximum de collaborateurs de l’entreprise et qu’ils se l’approprient. Je pense qu’on a tout à gagner à jouer à fond la transparence. »

Et quoi de mieux qu’un ambassadeur volontaire et engagé pour susciter l’envie ? Quoi de plus logique que de faire contribuer activement aux campagnes et opérations de recrutement, ceux qui portent le mieux la Marque Employeur ? Vous l’avez compris, ce n’est pas un hasard si je vous en parle, Vincent, Léa, Rémy, etc., les passionnés qui  travaillent chez Décathlon vont avoir un rôle  à jouer dans notre histoire de business game. 😉

 

passionnés depuis

 

 

La  passion, moteur de l’action !

« Rien de grand ne s’est accompli dans le monde sans passion. »

Ainsi parlait Hegel. Ainsi fonctionne Décathlon !

Récemment la Direction a décidé de recentrer toutes activités autour de LA marque forte : Décathlon (au détriment donc d’Oxylane). Elle abrite également 20 marques, dites « Marques Passion ». Vous ne voyez pas de quoi je parle ? Mais si, rassurez-vous, vous en connaissez forcément ! Domyos, Quechua (et sa fameuse tente !), Kalenji (pour les coureurs), Nabaji (pour les sports d’eau), etc.

Chaque marque passion a un mode de fonctionnement et un mode de management qui lui est propre, et au sein de chacune des marques les collaborateurs ont la liberté de proposer leurs idées et d’aller le plus loin possible dans l’exploitation de cette idée.

marques passion Décathlon

Parler de « Marque Passion » ça annonce d’emblée la couleur ! N’est-ce pas ?

Chez Décathlon, on n’est pas là par hasard. On partage tous la passion du sport et le même engagement pour une mission commune : « créer l’envie et rendre accessible au plus grand nombre le plaisir et les bienfait du sport ». Alors on fait en sorte de réunir des gens pour qui c’est important. Forcément.

Ce socle commun est fondamental pour Annabel qui pratique le fitness, la course à pied, le ski et la danse. « Ce qui nous rapproche tous c’est d’aimer le sport. Ça peut aider à briser la glace. Tu rencontres n’importe quel collaborateur et tu peux de suite engager la conversation, lui demander : et toi, ton sport passion qu’est-ce que c’est ? Et, hop, la conversation est lancée ! » 

 
passion-decathlon

Et au-delà de cette passion commune ce sont des valeurs fortes et la culture d’entreprise qui font la cohésion au sein du Groupe. Vitalité, Sincérité, Responsabilité, Générosité. Ces valeurs se veulent réelles, vécues, animées, et non pas affichées. Et cela n’est possible qu’avec de la passion… Mais trêve de blabla ! Il n’est pas de mise dans le Groupe. Pour un Décathlonien, les valeurs ne prennent tout leurs sens que dans l’Action.

D’ailleurs, on a vite fait de s’en apercevoir quand on voit le portrait-robot du candidat idéal dressé par les collaborateurs eux-mêmes. Ce mouton à 5 patttttes est tout à la fois :

  • dans l’action, sportif
  • dans le concret, pas la théorie
  • serviable
  • généreux dans son investissement
  • capable d’écoute (personne n’est tout seul ! aucun produit n’est créé par une personne seule)
  • stratège
  • curieux
  • audacieux (chacun a une vraie autonomie de décision)
  • il aime le produit
  • il s’adapte aux changements
  • il affirme son leadership

Sacré cahier des charges !

Mais bon, la bonne nouvelle c’est que s’il y a bien un profil « idéal » de candidat, il n’y a pas de profil « type ». Pour postuler chez Décathlon, peu importe le background, la formation suivie et même les aptitudes. Le plus important c’est d’être à la fois sportif, concret et serviable.

« On ne recrute pas sur les compétences, on recrute des personnalités… Et c’est parfois très troublant de tenir ce discours dans un amphi en école de commerce. », s’amuse Nicolas Cabaret.
 

C’est cet état d’esprit justement ce qu’ont pu découvrir les participants du Business Game « Les Coéquipiers »…

 

Les Coéquipiers : une expérience immersive unique !

Le Business Game de Décathlon, les Coéquipiers, existe depuis 2012. Et face au franc succès remporté par l’opération dès la première année, il a donc été reconduit en 2015 pour la 4ème fois consécutive.
 

 

Saison 4 : customer first!

Chaque saison a amené les étudiants à aborder une problématique stratégique pour l’enseigne, qu’elle soit liée à l’interne ou à sa clientèle. Ainsi, la Saison 1 avait pour thème « l’innovation », la Saison 2 « la gestion des parcours », et la Saison 3 « le management responsabilisant ».

Cette nouvelle saison a fait plancher les candidats sur « la relation client« , un enjeu ô combien d’actualité en ces temps de servicisation de l’économie où les clients sont surinformés, hyper exigeants et de plus en plus difficiles à fidéliser. Aujourd’hui, la valeur ajoutée d’un vendeur n’est pas tellement dans la transmission d’informations à son client, mais plutôt dans l’accompagnement, le conseil, la réassurance. C’est une posture radicalement différente.

Le défi proposé en Saison 4  est donc le suivant : « Imaginez et développez la relation client de demain ». 

Après une sélection draconienne, sur les 30 équipes ayant participé au Business Game, il n’en reste plus que 6 pour participer à la phase finale durant 4 jours (du 16 au 19 mars dernier) à Lille.  Les Apa’rtenaires (EM Grenoble), les Deca’Ribou (Staps Strasbourg), les P & The Boys (Skema), les Coéquipotes et le BDS Kedge Marseille (2 équipes de Kedge Marseilles) et enfin de Aix’Plosion (ESG CF) : 6 équipes prêtes à en découdre pour défendre chacune les couleurs d’une association de leur choix (10.000€ de dotation pour l’association de l’équipe victorieuse + 1.000€ pour chaque membre de l’équipe).

 

C’est parti pour la finale !

Invitée par Décathlon France et C’est Comme Une Agence à suivre la première journée de la finale, je n’hésite pas ! Nous sommes lundi 16 mars. Il est 7h30 quand je monte dans le train pour Lille. Une heure et quelques minutes plus tard je débarque sur le très impressionnant Campus Décathlon.

 

Le temps de saluer les blogueurs venus eux aussi couvrir l’événement et de faire la connaissance des équipes pas encore tout à fait réveillées, il est déjà l’heure de s’installer pour le discours inaugural.

Dans son message d’introduction, Nicolas Peltier, le nouveau Directeur Général France de Décathlon, rappelle les enjeux de la thématique proposée aux finalistes et leur donne déjà du grain à moudre pour la suite : « le maître mot c’est l’expérience !« , insiste-t-il. L’expérience client, l’expérience participant, l’expérience collaborateur : c’est probablement une approche tridimensionnelle qui est la plus susceptible d’amener les candidats vers la victoire.

Et Augusto Felix, Ancien Chef de Produit Kalenji, aujourd’hui DG Zone Est, complète : « Quand on vient tous les jours dans un même endroit il suffit d’une fois où ça se passe mal pour que ce soit fini ! On doit remettre en jeu tous les jours cette relation. » 

Les étudiants à la table desquels je m’étais postée en observation ne se laissent pas démonter. Cette équipe de l’ESGC&F Aix-en-Provence, surnommée l’équipe « Aix’plosion », annonce la couleur dès le début de la matinée : « On a choisi ce nom, car on va essayer de tout exploser ! » Dimitri, Lola, Béa et Eva, très fiers de représenter leur école pour sa 1ere participation à la finale, n’ont vraiment pas froid aux yeux.

Et Nicolas Peltier leur donne d’ailleurs raison en prodiguant ses derniers conseils de la matinée : « On ne gagne pas sans prendre de risque. Osez, pour vous différencier ! »

 

Proximité et convivialité : une formule qui plaît !

Toute la matinée où l’on nous présente à la fois le Groupe, ses métiers et sa Marque Employeur, prennent la parole tour à tour le Directeur Général France, le DRH France, la Directrice Relation Client, … un même franc parler, une même simplicité. Chez Décathlon tout le monde se tutoie du stagiaire au DG !

« C’est hyper convivial et ça reflète vraiment l’esprit « pas prise de tête » qu’il y a chez Décathlon : work hard & have fun« , m’explique Annabel. « On n’a pas besoin de se vouvoyer pour se respecter. »

Et alors que je me dis que c’est effectivement trop incarné pour être simplement une posture, les chuchotements des étudiants viennent de manière amusante faire écho à mes réflexions :

« Ils sont toujours comme ça, tu crois, ou c’est une manière de nous tester ? »

« Moi, je pense qu’ils sont vraiment tout le temps comme ça. Ils ne pourraient pas tous nous berner sinon. »

 

jury les coéquipiers décathlon

 

Une plongée au coeur des métiers Décathlon et de son organisation

Chez Décathlon, on compte pas moins de 340 métiers ! Généralement, on pense spontanément aux hôtes de caisses, vendeurs ou responsables de rayon que l’on croise en magasin ; mais beaucoup de métiers sont invisibles des clients. Car Décathlon n’est pas seulement un distributeur d’articles de sport, il en est aussi le concepteur et producteur. Outre le retail donc, une bonne partie des effectifs travaille en R&D ou à la Supply Chain, vous l’aurez compris.

 
les coéquipiers décathlon

Ce business game c’est en grande partie l’occasion de donner à voir la réalité de ces métiers aux étudiants, car selon Yann Thomas « il y a un différentiel monstrueux entre le perçu et le vécu ! »

« On a à expliquer non seulement notre double activité, conception et distribution, mais aussi que des gens qui travaillent sur les métiers de la conception sont tenus par des gens qui ont commencé responsables de rayons, qui sont devenus directeurs de magasins, et qui vont évoluer en interne pour faire ces métiers-là. C’est le cas de tous ceux que vous pouvez rencontrer pendant cette journée business game », complète Nicolas Cabaret.

En participant au business game en 2012, Annabel reconnaît avoir réalisé tous les parcours qu’offrait le Groupe, que Décathlon ça n’était pas qu’un magasin avec des articles de sport, et qu’il y avait plein de choses derrière. Ce qui lui a plu ce sont les échanges avec le top management, la découverte des métiers, du management, de la stratégie de l’entreprise et d’avoir accès à une multitude d’informations dont elle n’avait pas conscience jusqu’alors, à travers l’expérience de son job étudiant.

« En échangeant avec les personnes du siège, on comprend le mieux le fonctionnement de l’entreprise. Ce serait bien  sûr impossible d’en faire un processus d’intégration systématique malheureusement. C’est pourquoi les étudiants finalistes doivent bien mesurer la chance qu’on leur offre. La victoire c’est déjà d’être là ! »

C’est bien connu, les coulisses, les places en « backstage », ça vaut de l’or ! Et qui n’aurait pas vendu père et mère pour s’en procurer ?!

Ici les rock stars ce sont tous les experts et collaborateurs qui se prêtent au jeu en répondant aux questions des équipes, en leur ouvrant les portes de leurs bureaux ou ateliers pour les aider à monter leurs dossiers. Et le bon côté, c’est qu’elles sont bien plus accessibles et disponibles que Mick Jager. 😉

 

 

 

Une culture de l’innovation largement déclinée

L’action et le concret, on l’a dit, c’est capital chez Décathlon. Alors plutôt que de faire de longs discours sur les métiers les moins connus et visibles de la R&D, direction les labos de recherche, au coeur de l’innovation !    

 

 

Par petits groupes, on nous guide à travers différents espaces du département R&D. C’est vraiment impressionnant (tellement, que les étudiants semblent en avoir perdu la parole !). Ici chacun a sa place, son poste, ses missions propres et des projets communs, à l’instar de « Newton », le mannequin / mascotte installé dans une chambre thermique qui va de -40 à + 45 degrés et qui aide à mesurer les interactions entre les produits finis et le corps humain avec un souci constant : garantir confort et sécurité du sportif.  

 
R&D Décathlon
 
Et quand j’interroge Vincent Ventenat sur la clé de la culture de l’innovation qui anime Décathlon et ses collaborateurs, il m’explique bien qu’il n’y a pas de recette, ni de formule magique pour innover. Selon lui, les outils ne font pas l’innovation, « c’est un construit qui grandit avec l’entreprise depuis ses 1ères heures »

Décathlon, dans la droite ligne de ce que prônait son fondateur Michel Leclerc, a développé une culture de l’entreprenariat au sein de l’entreprise. L’idée pour chacun est de se demander : « Comment je peux faire mieux ce que je fais ou que j’ai déjà pour aller plus loin ?».

L’innovation est donc aussi, assez logiquement, managériale. Chaque collaborateur est acteur sur la création de la valeur : chacun peut suggérer des améliorations, des idées nouvelles, nées de la pratique de leur métier au quotidien, notamment via la création de réseaux internes dans lesquels s’échangent les bonnes pratiques et se crée une synergie qui contribue à diffuser au sein de toute l’entreprise une culture de l’innovation.

Pour moi la visite et les découvertes s’arrêtent le lundi soir, mais les Coéquipiers en lice vont durant 3 jours encore à la rencontres d’experts, pour  les interroger, les challenger parfois, et bien entendu glaner auprès d’eux les informations utiles pour préparer la soutenance de leurs projets d’équipes le 19 mars. 

Pour découvrir le détail de leurs rencontres, activités et challenges c’est par ici >> http://recrutement.decathlon.fr/actu/les-coequipiers-saison4/
  

   
 

Un pari gagnant !

Une fois l’émerveillement de la découverte passé, quand on songe à l’énergie et aux ressources investies dans ce business game, la première interrogation, somme toute légitime, qui vient en tête c’est : finalement est-ce que ça marche ? Quelles sont concrètement les retombées de cette grosse opération de communication ?   

Des étudiants ravis

Le 1er résultat perceptible de cette opération est d’avoir réussi à combler des participants surmotivés et très fiers d’avoir pu représenter à la fois leur école et l’association choisie, et ceci qu’ils soient ou non parvenus sur la 1ère marche du podium.  

 

 
J’en profite pour dire grand bravo aux vainqueurs, les APA’rtenaires, mais aussi à tous les Coéquipiers 2015 pour leur engagement, leur dynamisme et leur bonne humeur sans faille !

Ils ont vécu une expérience hors du commun, ils le savent et ils repartent avec au moins autant d’étoiles dans les yeux que de courbatures ! 😉 Nul doute qu’ils n’en resteront pas là…   

 

Une communauté d’ambassadeurs passionnés

Dès le 1er jour de la phase finale, Xavier Rivoire, le Directeur de la Communication externe de Décathlon prévenait : « Vous êtes nos meilleurs ambassadeurs cette semaine ». Et d’ajouter : « le service com ne devrait pas / plus exister ! ».  La formule fait mouche et c’est bien entendu pour provoquer l’auditoire. Mais c’est malgré tout le vrai enjeu de cette opération, nous le savons.

Et si l’on en croit Annabel, coéquipière il y a 2 ans, ça fonctionne : « Participer au Business Game, ça a renforcé mon attachement pour l’entreprise. […]  Si je devais résumer les Coéquipiers en 2 mots ? Rencontres et enrichissement. C’est une aventure humaine avant tout. »    

Car pourquoi donc consacrer autant des ressources à cette semaine de business game si ce n’est pour créer une communauté d’ambassadeurs en or qui non seulement postulera pour une partie d’entre eux à l’issue du jeu, mais aussi et surtout véhiculera une image positive, humaine et innovante du Groupe en tant qu’employeur.  

 


« L’essentiel c’est l’état d’esprit qu’ils vont faire redescendre dans leurs écoles et la contagion qui va suivre », confirme Yann Thomas. « La 1ere chose que je regarde c’est le nombre de likes sur Facebook. Je regarde s’ils ont réussi à mobiliser leur école. Et, si oui, c’est déjà une première victoire. » 

Après, quand je lui demande quels sont concrètement les résultats en termes d’embauche des 3 éditions précédentes, Yann Thomas me parle de 4 ou 5  recrutements réalisés a priori. Plus peut-être. C’est difficile de les tracker à vrai dire… Mais si je comprends bien, c’est une question accessoire pour le moment.

De toute façon, qu’on se le dise, chez Décathlon ce ne sont pas les RH qui recrutent ! Nicolas Cabaret m’explique cet étonnant parti pris : « Seuls 2 métiers recrutent en externe : le responsable de rayon qui recrute des vendeurs et les directeurs de magasins qui recrutent des responsables de rayon. Un des enjeux importants de recrutement c’est donc de former les responsables de rayon et de réaliser des recrutements très qualitatifs sur ces métiers pour qu’ils recrutent des collaborateurs capables et ayant l’envie de faire des grands parcours dans l’entreprise. »  Pour tout le reste, on fait évoluer les collaborateurs, on les fait monter en compétences une fois réalisé le parcours classique en magasin.

 

De nouvelles relations avec les écoles

Et pour en revenir aux résultats des Coéquipiers, pour Nicolas Cabaret, l’impact du business game sur les partenariats entretenus avec les écoles ne fait aucun doute.

« Une fois qu’elles ont participé au business game, les portes des écoles s’ouvrent. »

Cela peut laisser présager ensuite de relations privilégiées, davantage de communication de la part de l’école sur les parcours proposés, une meilleure diffusion des offres et peut-être davantage d’occasions de rencontres avec les étudiants.

Que ce soit grâce au zèle de ses nouveaux ambassadeurs ou aux nouvelles relations avec les écoles, les résultats parlent d’eux-mêmes : Décathlon connait une progression très significative dans les classements ces 3 dernières années. Par exemple avec une 49ème place au classement Universum, qui n’est pas encore éblouissante, c’est certain, mais qui est plus qu’honorable quand on sait que Décathlon ne figurait même pas dans les 100 entreprises classées en 2012, lors de la 1ere édition des Coéquipiers.

Une initiative aussi inspirante qu’impactante à en croire les nombreuses opérations similaires qui ont vu le jour depuis quelques années (au Crédit Agricole, chez Keolis, Solvay, L’Oréal et d’autres encore).

 
Mais loin se reposer sur ses lauriers et toujours en mal d’innovation, Décathlon propose d’autres expériences de recrutement tout aussi originales. C’est notamment le cas de « Viens en short pour une embauche »,  une initiative des équipes RH rennaises de Décathlon qui est devenue une stratégie nationale déclinée aux quatre coins de l’hexagone (en région PACA, en Lorraine, …).

Le principe de cette opération de recrutement est simple : des candidats sont invités à venir participer à une session de recrutement collectif  avec leur tenue de sport. Sont alors mélangés durant des épreuves sportives recruteurs potentiels et candidats. Les candidats ne savent pas à qui ils ont à faire, qui des parmi les personnes présentes pourrait être leur futur « patron ». On juge donc uniquement ici du comportement du candidat, des « soft skills ». Par ce procédé « on arrive vraiment à déceler les personnalités des candidats ».

Car Nicolas Cabaret l’admet : « C’est vrai que sur un entretien d’une heure c’est compliqué. C’est pourquoi on fait de moins en moins comme ça. »

 

Décathlon recrutement " viens en short " Décathlon recrutement " viens en short "

 

Une expérience réussie, un engouement durable

Recruter autrement, apparemment ça marche ! Et preuve s’il en est que l’expérience collaborateur et candidat chez Décathlon marque positivement les esprits : un groupe Facebook « Tu sais que tu as travaillé à Décathlon quand… » a été créé spontanément par d’anciens collaborateurs ; il compte aujourd’hui environ 3600 membres.

Yann Thomas ne cache pas son enthousiasme : « On l’a découvert un jour et on s’est dit : « Ah oui, quand  même, 2000 membres ! » Ça peut faire peur à certains. Moi, je me dis c’est génial ! Et ça s’auto-régule très bien. C’est un peu le baromètre de la boite. C’est très bien. Il y a beaucoup d’anciens. Et même s’ils ne sont pas restés, s’ils ont eu une expérience bien vécue, c’est déjà super. »

Pour découvrir en images cette 4ème édition des coéquipiers :

 
Recruter autrement, proposer une expérience gagnant / gagnant, c’est donc possible ! De plus en plus les voix s’élèvent pour le faire entendre. Quelques uns se lèvent pour le mettre en place concrètement. Gageons que cela inspire et fasse des émules.

Bravo à Décathlon et ses équipes ! Et longue vive aux Coéquipiers ! 🙂

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Jennifer Boukris

Chef de projet Evénementiel & Marketing chez #rmstouch
Riche d'un parcours atypique qui l'a menée du spectacle vivant aux Ressources Humaines, Jennifer a choisi de se consacrer aux enjeux des RH 2.0, du Recrutement Innovant et du Marketing Employeur. Elle travaille chez #rmstouch en tant Chef de projet Evénementiel et Marketing, et co-organise notamment #rmsconf (recrutement mobile & social conférence > www.rmsconf.com) à Paris et à Lyon.

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Un commentaire

  • CW says:

    Passion, collaboration, dynamisme, proximité, convivialité… la marque employeur de Décathlon fait rêver, mais j’ai entendu dire par plusieurs personnes que travailler chez eux (du moins en magasin) n’était pas une partie de plaisir

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