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Le Da(ta)rwinisme appliqué au recruteur
Par : Valère Desmazières
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Datarwinisme
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Charles Darwin est l’un des plus grands biologistes et naturalistes du 19ème siècle. Il est à l’origine de l’hypothèse selon laquelle toutes les espèces vivantes ont évolué au cours du temps grâce au processus de la sélection naturelle. L’évolution des métiers est, comme pour les espèces animales, directement liée à notre environnement.

La transformation sociologie et technologique de notre société a une incidence directe sur la destruction et l’apparition de nouvelles professions. A une époque où l’on parle continuellement d’ubérisation, quel avenir espérer pour nos amis recruteurs ?

évolution recruteur

Le recruteur ou la théorie de l’évolution

Le recruteur est souvent perçu comme traditionaliste. Il est rarement à l’origine des nombreuses innovations qui métamorphosent son métier. Ce sont en général les candidats qui innovent par besoin de se démarquer et imposent de nouveaux standards aux recruteurs.  De leur côté, les startups qui proposent de nouveaux outils permettant de rapprocher candidats et recruteurs. C’est d’ailleurs l’objet de notre rendez-vous [Innovations] qui présente chaque lundi un nouvel acteur issu de l’écosystème du recrutement innovant.

C’est toujours l’environnement qui a contraint le recruteur à modifier ses pratiques. Sans être un innovateur dans l’âme, le recruteur a néanmoins une remarquable habilité à comprendre les besoins de son environnement et d’agir en conséquence. Cette capacité d’adaptation n’est plus à démontrer. En l’espace d’une quinzaine d’années, les recruteurs ont vu leur métier se réinventer plus d’une fois avec l’arrivée successive de nouvelles technologies et de nouveaux outils.

évolution métier recruteur

L’une des premières révolutions en matière de recrutement est l’arrivée progressive d’internet dans les années 1990-2000. Le recruteur, en intégrant l’outil web à ses pratiques, dématérialise l’acte de candidature. Terminé le temps de la candidature manuscrite en réponse à une offre trouvée dans le journal local. L’apparition des premiers jobboards tels que Cadremploi et Monster permet au recruteur de multiplier les canaux de distribution de ses annonces. En parallèle le candidat, via les premières CV-thèques, commence à se rendre visible des différents employeurs.
En intégrant l’outil web, le recruteur laisse derrière lui des pratiques artisanales pour entrer dans le début d’une ère plus industrielle du recrutement.

Quelques années plus tard, ce sont les réseaux sociaux professionnels qui viennent de nouveau modifier les pratiques du recrutement. Arrivés au début des années 2000, il faudra néanmoins quelques années aux recruteurs pour apprendre à les apprivoiser. LinkedIn et Viadeo, pour les plus connus, offrent une excellente visibilité aux millions d’inscrits pour promouvoir leurs compétences. C‘est un nouveau terrain de jeu, mêlant candidats actifs ET passifs, qui s’offre au recruteur en lui permettant d’élargir le champ de son sourcing. En parallèle, ces réseaux sociaux offrent une réelle opportunité en matière de communication et la question de la marque employeur devient plus stratégique que jamais.

Dernièrement, c’est le recrutement mobile qui s’installe durablement dans le paysage du recrutement. Aujourd’hui, les smartphones et tablettes ont envahi nos vies et rendent le candidat ultra-connecté. Les entreprises doivent nécessairement s’adapter en proposant une nouvelle expérience candidat avec davantage d’instantanéité et de simplicité. Aujourd’hui, postuler en un clic avec son profil LinkedIn ou trouver son employeur grâce à une application mobile ne relève plus de la science-fiction.

recrutement big data

Big Data is coming !

Le 13 octobre 2015 se déroulait #rmsconf sur le thème  Big Data : Big Bang ou Buzzword ?
L’objectif de cette journée était de réunir les professionnels du recrutement et d’ailleurs pour mieux comprendre le phénomène Big Data et en appréhender l’impact.

L’effervescence autour de cette journée était impressionnante. Des experts ont exposé l’incroyable potentiel qu’offre le Big Data pour recruter les candidats de demain. Cet outil permettrait d’en finir avec le clonaged’aller au delà des a priori et de proposer des projets de carrière sur-mesure. Cette vision, de l’outil magique, a néanmoins été nuancée à plusieurs reprises. La question de l’éthique, concernant l’utilisation des données, a occupé une place primordiale. Certains professionnels ont également invité les participants à remettre les pieds sur terre en distinguant ce qui relève de la science-fiction et de la réalité.

Que vous soyez optimiste ou suspicieux, le Big Data ne laisse personne indifférent. Aujourd’hui, il est considéré, par les experts du MIT, comme l’un des plus grands défis informatiques de notre décennie.  L’évolution technologique permet désormais de traiter les données par milliards. Nous sommes, en effet, témoins d’une augmentation constante de la capacité de calcul de nos ordinateurs et, en parallèle, d’une baisse sensible du coût lié au stockage des données. Le Big Data, initialement réservé aux activités de recherche et aux technologies de pointe, a ainsi tous les éléments nécessaires pour se démocratiser. Il est désormais possible et rentable d’utiliser le Big Data dans une optique de recrutement. Certaines entreprises semblent déjà l’avoir compris. C’est le cas de startups comme Lelaps et Golden Bees qui utilisent le Big Data dans le cadre du recrutement publicitaire. D’autre part, Orange innove en mettant le Big Data au service de sa Marque Employeur grâce à la startup Studizz afin d’identifier et de proposer à ses candidats cibles les meilleurs projets de carrière.

L’arrivée et le développement de ces nouvelles solutions laissent présager un visage différent du recrutement tel que nous le connaissons aujourd’hui. Le Big Data a la capacité de redistribuer les cartes. On peut donc s’attendre à voir l’environnement et les pratiques de recrutement se métamorphoser dans les années à venir.

recrutement data

Anticiper pour mieux survivre

L’enchainement des mutations technologiques laisse peu de répit au recruteur. La révolution mobile qui touche le recrutement n’est pas encore terminée que le Big Data pointe déjà son nez. Le développement de la Data Science va nécessairement générer de nouvelles professions, en faire disparaitre certaines et en transformer d’autres.


Lors de sa tribune « Le Recrutement en 2025 vu par …« , Jean-Christophe Anna évoque parmi plusieurs hypothèses celle d’un recruteur Data Analyst :

« En 2025, le Big Data fait partie de l’écosystème recrutement au même titre que le CV ou les sites emploi en 2003.
Exit la formation RH, le recruteur est un ingénieur informatique, spécialiste de l’analyse de données. Son quotidien consiste à recueillir, stocker, classer et analyser les données relatives à une population cible : présences sur les médias sociaux, activité online, contenu partagé et produit, comportement et interactions avec les autres acteurs de l’écosystème, soft skills, trajectoire professionnelle, performance dans le job actuel ou précédent, compatibilité culturelle…

Son objectif ? Identifier les meilleurs candidats et … prédire leur efficacité potentielle et leur taux de réussite au regard de leur personnalité, de leurs compétences professionnelles, de la culture de l’entreprise, de son actualité économique, de la composition de ses équipes, du profil de ses collaborateurs, des récentes arrivées …« 

La création de formations spécialisées pour préparer les futurs professionnels de la Data Science confirme cette hypothèse. C’est le cas de l’Ecole polytechnique qui a présenté la création d’une chaire dédiée. A travers l’intervention Data Scientist : LE métier de demain ? , des intervenants professionnels de la chaire ont exposé lors de la 5ème édition de #rmsconf les besoins en Data Scientists ainsi que l’enjeu que représentait la formation de ces nouveaux profils. Ce nouveau métier devrait investir l’ensemble des directions de l’entreprise sans oublier leRH .
Certaines formations courtes commencent à voir le jour pour permettre aux différents professionnels de l’entreprise d’appréhender le phénomène, de s’y préparer et le cas échéant de travailler en mode projet avec de vrais Data Scientists.

big data recruteur

 

L’hypothèse du recruteur Data Scientist est tout a fait plausible mais pourrait être élargie. Le recruteur a trop tendance à se focaliser sur l’analyse de ses candidats au point d’en oublier son environnement.

La Data-Science ouvre de nouvelles possibilités au recruteur pour comprendre l’environnement dans lequel il évolue. Le recruteur doit aller au delà des informations relatives à son entreprise ou à ses candidats. Il doit apprendre à intégrer des variables plus larges relatives au marché de l’emploi. Il serait intéressant de recueillir, d’analyser et de modéliser les données issues de l’ensemble des offres d’emploi. En associant ces nouvelles données à celles que le recruteur possède déjà, il pourrait obtenir un précieux tableau de bord avec des indicateurs tels que :

– Le nombre de candidats actuellement en recherche sur un poste donné,
– Le nombre d’offres concurrentes en temps réel,
– La durée moyenne estimée pour pourvoir un poste précis,
– Le classement de l’attractivité d’une offre ou d’une entreprise en la positionnant sur son marché,
– Et bien d’autres encore….

 C’est ce que propose en partie jobfeed de Textkernel. Avec ce type de solutions, le recruteur accède à des indicateurs stratégiques et devient mieux accompagné dans l’établissement de sa politique de recrutement.

darwinisme recrutement

Lors de la table ronde Big Data et Recrutement : Tout ce que vous avez toujours voulu savoir … , j’ai été particulièrement interpellé par la remarque de Francis PISANI qui rappelle qu’avec l’analyse des données, le recruteur devient un conseiller en stratégie.

D’une part, l’intégration de l’analyse de données concernant les candidats aussi bien que l’environnement du recruteur transformerait positivement son métier. Terminé le temps où il passait sa vie à trier des CV pour remplir des chaises vides.
D’autre part, cette technologie va soulever de nouvelles problématiques éthiques et juridiques liées à l’anonymisation et au traitement des données. Le recruteur deviendra un interlocuteur privilégié et sera le garant des bonnes pratiques.

L’utilisation du Big Data pour recruter est une pratique qui relève encore de l’exception. Le recruteur doit néanmoins rester attentif et se sensibiliser à la Data Science. L’utilisation accrue des données ne fera pas disparaître le métier de recruteur, mais devrait largement contribuer à modifier ses pratiques. N’oublions pas qu’en termes d’évolution, le recruteur est une espèce tenace. Son expertise réside dans sa capacité à trouver aujourd’hui, les compétences dont l’entreprise aura besoin demain. 

Avec autant d’atouts en main, le recruteur est bien préparé pour évoluer avec son métier. J’ai hâte de voir collaborer professionnels de l’humain d’une part et professionnels des données de l’autre pour créer un partenariat stratégique d’une redoutable efficacité.

théorie évolution

Crédit photo : Man evolution ; Businessman and robot’s handshakeSkull of a human ancestor ; Time To Adapt ; Icon ; Compass needle

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Valère Desmazières

Consultant & formateur en recrutement innovant chez #rmstouch
Valère est passionné de RH et a eu l’occasion de travailler dans le domaine du recrutement, du campus management et de la formation. Il a plus récemment été envoûté par la magie du recrutement innovant qui l’a poussé à rejoindre l’équipe #rmstouch en tant que Consultant et formateur.

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