#rmsconf #rmsnews #rmstouch

#rmstouch #rmsconf #rmsnews
Emploi : Quelle transparence pour préparer demain ? (2/2)
Par : Jean-Christophe Anna
0
1440x850_px_robotmhsanslogo_jpg
Tweet about this on Twitter15Share on LinkedIn247Share on Facebook19Share on Google+0Share on Viadeo0

 

Automatisation avancée, disparition massive d’emplois annoncée, atomisation du marché du travail engagée, disparition du CDI/salariat programmée et mise en place d’un revenu de base universel envisagée … Le monde bouge, la société évolue, il est grand temps d’anticiper la profonde révolution en marche pour préparer sereinement les transformations à venir.

L’entreprise a le devoir d’informer en toute transparence ses collaborateurs de la disparition possible de leur emploi/métier et de leur proposer des formations adaptées pour préparer leur nécessaire évolution / reconversion dans l’entreprise ou … à l’extérieur.
Cet enjeu ne relève plus seulement de la responsabilité de l’entreprise, il est économique, politique … sociétal !

img_4079_jpg

 

Automatisation et Disparition massive d’emplois

Les plus grands experts (Bernard Stiegler, Marc Halévy, Paul Jorion, Laurent Alexandre …) et les plus prestigieux instituts de recherche et de prospective sont unanimes : l’automatisation/robotisation va détruire des millions d’emplois.
Ainsi, 2 millions d’emplois pourraient disparaître dans le monde d’ici 2020 selon le Forum économique de Davos, 3 millions en France d’ici 2025 selon le cabinet Roland Berger (1) qui prévoit que 42% des métiers seront automatisables d’ici 2034. L’Université d’Oxford (2) fait une prévision assez proche pour les US en imaginant que 47% des jobs actuels puissent être confiés à des robots/ordinateurs d’ici 2035. Sans oublier Gartner qui prédisait en octobre 2014 qu’un tiers des emplois dans le monde seront remplacés d’ici 2025 par des robots et des drones !!!

Alors, forcément, le premier réflexe est de se dire que les machines ne vont nous remplacer que sur des activités à faible valeur ajoutée. Et bien, détrompez-vous !
Comme le rappelaient dernièrement Julia Kirby et Thomas H. Davenport dans la Harvard Business Review, l’automatisation a vécu trois grandes étapes (3) :

  • 1ère Période : Au XIXème siècle, les machines reprennent ce qui est sale et dangereux. Elles soulagent les humains d’un travail manuel pénible.
  • 2ème Période : Au XXème siècle, les machines reprennent ce qui est monotone et sans intérêt. Elle soulagent les humains de transactions, de services et de tâches administratives répétitives.
  • 3ème Période : Au XXIème siècle, les machines reprennent … les décisions ! Elles font de meilleurs choix que les humains, de manière fiable et rapide.

fullsizerender

Quand l’automatisation nous libère d’activités dangereuses ou monotones, personne ou presque ne s’en plaint. Les métiers peu qualifiés (8) sont donc logiquement les premiers à être impactés : les ouvriers en usine ou dans le bâtiment et les manutentionnaires. Un robot c’est pratique, il travaille 7 jour sur 7, ne fait pas grève, ne prend pas de vacances, ne tombe jamais malade … Sa rapidité d’exécution est sans égale.

La robotisation et l’intelligence artificielle vont dans un second temps, si ce n’est déjà le cas, menacer les secrétaires, caissiers et guichetiers, opérateurs téléphoniques, vigiles, livreurs, conducteurs de bus, de métro, de taxi, de train, caristes, magasiniers, peintres industriels, agents de voyage, agents immobiliers, comptables et analystes financiers …

Mais lorsque la robotisation investit inéluctablement le domaine du « travail du savoir » (le travail plus cérébral que manuel) avec des machines qui prennent des décisions et finiront par remplacer les plus diplômés d’entre nous comme les architectes, les avocats, les traducteurs, les médecins et chirurgiens, les cuisiniers, les journalistes … c’est un véritable cataclysme qui se prépare.

Là, vous vous dites sans doute que cela relève de la pure science-fiction. Que neni ! Si l’évolution de la robotique est déjà impressionnante, celle de l’IA est tout simplement fulgurante. Vous connaissez R2D2, C3PO et BB8. Vous utilisez déjà Siri, Cortona, Google Now ou Alexa et vous avez sans doute entendu parler des Chatbots ou encore d’AlphaGo. Mais, connaissez-vous Mathilda, Asimo, Nao, Pepper, Romeo et Baxter ? Et avez-vous déjà entendu parler de Watson ? Non ? Il est grand temps de vous réveiller !

 
Super ordinateur développé par IBM, Watson est doté d’une intelligence artificielle cognitive et sémantique qui lui permet de donner du sens aux millions de données qu’il ingurgite et d’en extraire de la connaissance. Il est ainsi capable d’apprendre par lui-même au contact de l’homme (Deep Learning). Watson comprend les nuances du langage humain, émet des hypothèses et s’adapte aux réactions de son interlocuteur. Pour IBM, ce n’est ni plus ni moins qu’une « architecture de la découverte capable de trouver de nouvelles réponses pas encore découvertes par l’être humain, de l’aider à anticiper les besoins et les dangers et à prendre des décisions plus objectives. » Conçu pour être quasiment sans limites, Watson est capable de battre les meilleurs joueurs du monde au Jeopardy, de prédire des résultats sportifs, de diagnostiquer les cancers avec bien plus de précision que les meilleurs oncologues ou d’imaginer des recettes inédites et des sensations gustatives à faire pâlir de jalousie les plus grands chefs ! (4)

Heureusement, me direz-vous, le recruteur doté de son inimitable instinct humain, qui lui permet de choisir le bon candidat, est hors de portée. Vraiment ? Une étude menée par des professeurs en psychologie des Universités du Minnesota et de Toronto a démontré que l’algorithme est bien plus fiable et performant que l’instinct humain ! Le Recruteur humain pourrait donc bel et bien être remplacé un jour par un recruteur robot neutre, objectif, non discriminant, extrêmement fiable dans son analyse psychologique et émotionnelle du candidat. Bref, tout l’inverse d’un être humain …

 
Certains chercheurs comme Nicolas Rougier, Jean-Noël Lafargue ou Jean-Baptiste Mouret, pensent que l’intelligence artificielle va nous offrir des capacités décuplées, nous libérer et nous rendre meilleurs (5), qu’il n’y a qu’une seule intelligence artificielle, l’IA faible, celle qui simule l’intelligence humaine. Et que la peur d’une IA forte (celle qui permettrait aux machines de devenir autonomes et de nous supplanter) « provient de fantasmes véhiculés par la science-fiction ». Que cette intelligence est « largement hors de portée » et que « personne ne travaille sur ce type d’intelligence ». Rand Hindi, véritable pro des algorithmes et fondateur de la startup Snips , considère le développement de l’IA comme l’opportunité d’être « plus ingénieux en en mesure de développer notre créativité »« d’avoir plus de choix et de liberté », de pouvoir « se consacrer à un travail épanouissant, avoir une vie meilleure »« des activités professionnelles choisies par passion ». (5)

D’autres experts sont plus inquiets. Laurent Alexandre, est persuadé que l’homme est incapable de ne pas chercher à exploiter toutes les possibilités que lui offre une technologie. Comme d’autres, il dénonce la toute puissance des GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon), de Microsoft et IBM qui sont pour la plupart dirigées par des transhumanistes. Au premier rang desquels, l’ingénieur en Chef de Google, Ray Kurzweil, qui prédit l’avènement des machines (la fameuse singularité), la colonisation de nos cerveaux par la technologie et la mort de la mort. Comme l’explique très clairement Laurent Alexandre dans son livre du même nom (6), pour les transhumanistes, la mort n’est plus une fatalité, c’est une maladie comme une autre ! Difficile d’ignorer cette réalité lorsque des personnalités aussi brillantes qu’Elon Musk (le génial fondateur de Tesla, de Space X et de l’Hyperloop), Stephen Hawkins (astrophysicien de renom) et Bill Gates (qui ?) signent une lettre ouverte pour dénoncer les dangers de l’IA et d’une potentielle super-intelligence.

il_etait_une_fois_le_recruteur_-__rmsnews-670x310

 

Explosion du chômage ? Disparition du CDI ? Fin de l’emploi ?

Cette automatisation/robotisation, associée à la dématérialisation et à la flexibilisation, va entraîner une atomisation du marché du travail. Il va bien falloir s’y résoudre, les organisations n’ont plus besoin aujourd’hui d’autant de ressources humaines sur un temps aussi long que pendant la révolution industrielle. Nous venons d’en parler, les machines vont remplacer de plus en plus de collaborateurs sur de nombreux métiers. Parallèlement, les entreprises externalisent de plus en plus certaines tâches ou activités. Les organisations vont donc gagner en agilité et évoluer en mode projet en ajustant la « voilure » en fonction des besoins.

Et même le retour de la croissance n’y changerait rien, bien au contraire. Il est bien fini (si, si) le temps où la croissance allait de paire avec l’emploi selon une théorie un peu magique (2% de PIB = des millions d’emplois assurés). Erik Brynjolfsson et Andrew McAfee, les deux auteurs du livre « Le Deuxième Âge de la machine », le démontrent lorsqu’ils évoquent le « grand découplage » qui s’est amorcé au début des années 2000 aux US : « les deux moitiés du cycle de la prospérité se sont séparées : l’abondance économique, incarnée par le PIB et la productivité, a continué à suivre une trajectoire ascendante, tandis que les revenus et les perspectives d’emplois pour les travailleurs classiques ont fléchi ». Et selon nos deux spécialistes, la même tendance s’observe dans la plupart des pays développés.

Ainsi, l’inversion de la courbe du chômage, si chère au Président français actuel, est une vue de l’esprit. Le chômage n’est pas prêt de baisser, il va même exploser ! Si tant est que l’on parle encore de chômage … Et oui, pour le Philosophe Bernard Stiegler l’emploi est mort. Et si l’emploi est mort, le chômage l’est tout autant !

 
Quant au sacro-saint CDI, sésame absolu dans l’inconscient collectif, s’il reste encore, pour l’instant, le contrat le plus répandu, plus de 9 embauches sur 10 se font aujourd’hui en France sous la forme de CDD ou d’intérim avec des missions de plus en plus courtes. Sa défense acharnée est une hérésie. Le philosophe et prospectiviste, Marc Halévy le démontre simplement : « Le contrat d’emploi salarié fut taillé sur mesure pour les ouvriers d’usine, dans le cadre de la révolution industrielle« . Selon lui, avec la révolution numérique, « trois paramètres fondamentaux » et inhérents au modèle imaginé au XIXème siècle, « le rendent aujourd’hui totalement inadéquat : le temps de travail, la nature du travail et le lieu de travail« . En effet, 1. l’heure de présence n’est plus une unité de mesure pertinente, 2. avec l’automatisation le problème humain n’est plus de produire, mais de créer, et 3. la matière première de nos activités est aujourd’hui de plus en plus immatérielle, elle ne nécessite donc plus une présence obligatoire dans les murs de l’entreprise. (7)

 

Freelances, Slasheurs et futurs intermittents de l’emploi !

Les générations qui nous ont précédés exerçaient toute leur vie, peu ou prou, le même métier dans la même entreprise, liées à elle par l’indéboulonnable CDI. Les générations actuelles et futures exerceront plusieurs métiers au cours de leur existence et travailleront de plus en plus en mode projet en enchaînant des missions pour différentes entreprises avec une alternance de périodes travaillées et de périodes sans activité. Ce modèle se rapproche grandement de celui des intermittents du spectacle qui se retrouvent en inactivité entre deux projets ou de celui des consultants travaillant pour une ESN (l’ex SSII) en inter-contrats entre deux missions. Jacques Attali imagine d’ailleurs l’équation suivante : « un accroissement du nombre de petites entreprises organisées comme des troupes de théâtre rassemblant des compétences sur des projets précis, et des grandes, orchestrant autour de la notoriété de leurs marques le travail des petites, le tout avec des contrats de travail d’intermittents pour tous ».

Cette tendance inéluctable se trouve boostée par l’aspiration des jeunes « actifs » à donner un véritable sens à leur vie en choisissant un engagement « utile » pour construire le monde de demain (boom de l’économie collaborative, sociale et solidaire). Ils sont en effet de plus en plus nombreux à faire leur « Job Out » (8). Ils quittent leur emploi sécurisant et bien rémunéré, mais ennuyeux, vide de sens et donc subi, pour une activité certes précaire, mal rémunérée et instable, mais ô combien enrichissante et infiniment plus stimulante, car choisie. Leur objectif n’est plus de réussir dans la vie, mais de réussir leur vie ! Le nombre de freelances, d'(auto)entrepreneurs et de slasheurs (celles et ceux qui exercent plusieurs métiers en parallèle) explose. Aux Etats-Unis, un tiers des actifs sont déjà, au moins en partie, des freelances. Pour Marc Halévy, « toutes les statistiques le montrent : dans les pays développés, un nombre croissant de gens veulent se réapproprier leur temps d’activité et se donner une autonomie grandissante pour la gestion de ce temps. Chacun redevient son propre fonds de commerce, sa propre « petite entreprise ». Cela signifie que le salariat est en train de mourir et que demain, la plupart des gens vont revendiquer leur indépendance professionnelle et entretenir, avec les entreprises, non plus une relation d’emploi, mais une relation de fournisseur ». (7)

 

 

Et si la solution était le Revenu de base universel !

S’il n’y a plus suffisamment d’activité pour tout le monde et que les nouvelles formes de travail génèrent une précarité croissante, il est judicieux et vital de se poser la question d’une nouvelle façon de distribuer la richesse. Le Revenu de base universel pourrait donc parfaitement être une solution dont la vertu serait triple (8) : adapter notre modèle social à la révolution en cours, favoriser l’autonomie et l’épanouissement de l’individu dans une activité choisie et non plus subie et enfin, accessoirement, éradiquer la pauvreté !

Le Revenu de base universel ou Revenu d’Existence est un revenu versé à chaque individu, de sa naissance à sa mort, sans condition, ni contrepartie. Il peut donc se cumuler à un salaire. De nombreuses expérimentations voient le jour un peu partout autour du globe : Alaska, Canada, Brésil, Inde, Namibie, Pays-Bas, Allemagne, Finlande, la région Aquitaine … Et la liste d’éminents spécialistes, ardents promoteurs de l’instauration d’un tel revenu, est sacrément impressionnante. Jugez plutôt : Thomas More, Voltaire et Condorcet, Thomas Paine, Karl Marx, John Stuart Mill, Martin Luther King et pas moins de 7 prix Nobels d’Économie (Maurice Allais, James Tobin, Friedrich Hayek, Robert Solow, Milton Friedman, …) et plus récemment, les économistes et philosophes Marc de Basquiat (9), Philippe Van Parijs, Baptiste Mylondo ou encore Gaspard Koenig. Des politiques de tous bords (et oui !) commencent à si intéresser : Delphine Batho, Dominique de Villepin, Frédéric Lefebvre, Eva Joly, Daniel Cohn-Bendit, Arnaud de Montebourg, Lionel Stoléru … et même Alain Juppé et François Hollande.

Pourquoi donc un tel intérêt ? Comme le souligne judicieusement l’économiste et philosophe Baptiste Mylondo, l’emploi n’est qu’une forme de travail parmi d’autres. Il dénonce une société qui oppose ceux qui ont un emploi à ceux qui n’en ont pas et considère que chaque individu contribue à l’enrichissement collectif à sa manière.(10) Tout un chacun pourrait ainsi choisir librement son activité, son engagement, sa contribution à la société, sans la contrainte de « gagner sa vie » pour se nourrir et se loger.

 
Comme le résume à merveille Bernard Stiegler, « la fin de l’emploi, c’est le renouveau du travail ! ». (11)
Pure utopie ? Philippe Van Parijs est convaincu que « cette allocation universelle est le seul moyen pour l’Europe de sortir de la crise » (12), quand Jérémy Rifkin, célèbre essayiste américain, spécialiste de prospective économique et scientifique, atteste : « le revenu de base n’est pas une utopie, c’est le prochain modèle économique de l’humanité ! ».

 

Quelle responsabilité pour l’entreprise, le monde éducatif et nos politiques ?

La fin de l’emploi, du CDI et du salariat, pourrait également sonner le glas du capitalisme qui, comme le pense Jérémy Rifkin, pourrait être remplacé par « une économie de l’échange et du partage. »
Devant de tels bouleversements, la responsabilité d’informer et de former les individus, d’anticiper et d’accompagner cette révolution, incombe sans doute à l’entreprise, mais aussi au monde éducatif et de manière plus globale à la société toute entière, au premier rang de laquelle les politiques qui nous gouvernent et les candidats qui vont se présenter aux futures élections.

 
Il en va donc de la responsabilité de l’entreprise d’informer ses collaborateurs et de les accompagner. Aura-t-elle le courage et la sincérité de dire à certains de ses collaborateurs que leurs métiers sont menacés à court ou moyen terme ? Décidera-t-elle de les former et/ou de les accompagner pour changer de métier à l’intérieur de l’entreprise ou … à l’extérieur ? Il est quand même préférable d’anticiper les changements à venir plutôt que de fermer les yeux et de se contenter de licencier le moment venu, non ?

L’Éducation Nationale va-t-elle s’adapter à cette transformation de la sphère professionnelle ? Difficile à croire au vu de son inertie et de ses décisions souvent ahurissantes comme celle d’interrompre récemment l’extraordinaire expérimentation pédagogique conduite par Céline Alvarez dans une école maternelle de Gennevilliers et fondée sur les principes de Maria Montessori enrichis des apports des neurosciences … (13) Et pourtant il est grand temps de changer son mode de fonctionnement et sa philosophie. Comme le dit très bien François Taddei, Directeur du Centre de Recherches Interdisciplinaires (CRI) et spécialiste de l’école de demain : « Nous devons passer d’un environnement où les enfants étaient en compétition sur un savoir d’hier à un environnement où les enfants sont invités à co-construire les solutions de demain en coopérant les uns avec les autres », sous peine d’être « une fois adultes, remplacés par des robots ».

 
La même question est posée à l’enseignement supérieur. Que dire aux étudiants qui s’inscrivent dans des filières préparant à des métiers menacés d’extinction par les robots et l’intelligence artificielle d’ici 2020 à 2025 ? Et comment former les jeunes d’aujourd’hui aux métiers de demain quand on apprend que 60% des métiers qui existeront dans les 10 à 15 prochaines années n’ont pas encore été inventés ? Cela peut vous paraître dingue, et pourtant aucun des 10 métiers les plus recherchés en 2010 n’existait en 2004 : Web marketing, Community Management, Métiers du Cloud et du Big Data … (Cabinet Canadien Wagepoint). Alors, quels sont les métiers qui seront exercés à l’horizon 2025-2030 ? Aiguilleur de drone, réactivateur d’espèces animales disparues, pilote de robots, éleveur de clones, banquier de monnaies alternatives comme le prédit Thomas Frey (DaVinci Institute) ou contrôleur de climat, agriculteur urbain, architecte du numérique, spécialiste de la nanomédecine ou encore chirurgien de la mémoire comme l’imagine Wagepoint ?
Les écoles comme 42 et Wild Code School ont bien compris que le travail en équipe et le fonctionnement en mode projet était la clé pour préparer les jeunes au monde de demain.

Qu’en est-il de la sphère politique ? C’est sans doute elle qui a la plus lourde responsabilité. Mais qu’il est navrant de voir nos gouvernants traiter la question de l’emploi avec un objectif qui relève du pur fantasme (inversion de la courbe du chômage), une tentative désespérée d’empêcher une entreprise comme Alstom de fermer un site de production ou un soutien acharné au CDI au détriment des autres formes de travail …
Si quelques politiques commencent à s’intéresser à la question du Revenu de base universel, aucun, du moins parmi les probables futurs candidats à l’élection présidentielle, ne semble être au courant de l’ampleur de la révolution en cours … Et le débat actuel entre Hillary Clinton et Donald Trump semble assez loin également de ces préoccupations.

La sécurité est une question importante indéniablement. Le climat et la préservation de la planète un défi essentiel, sans aucun doute. Mais la question la plus fondamentale, celle de savoir comment nous allons travailler demain, dans quelle société nous allons vivre, quel nouveau modèle est à inventer pour lutter contre le développement inéluctable de la précarité, quelle place nous souhaitons donner aux robots et à l’IA, est parfaitement éludée … c’est totalement irresponsable !

La Transparence n’est plus seulement souhaitable, elle est indispensable !

Crédit Photo : la photo principale qui illustre cet article a été réalisée par Jean-Marie Vives. Elle est utilisée actuellement par le Musée de l’Homme.

 

(1) Cabinet Roland Berger

(2) Étude « The Future of Employement: How susceptible are jobs to computerisation? »

(3) Article « Au-delà de l’automatisation – Stratégies pour garder un emploi rémunéré dans un monde de machines très intelligentes » de Julia Kirby et Thomas H. Davenport (Harvard Business Review, édition française juin-juillet 2016)

(4) Dossier « Jusqu’où ira Watson » par Olivier Cabréra dans le numéro 11 de la revue WE Demain (septembre 2015).

(5) Dossier « Intelligence artificielle – Libérer l’homme ou l’asservir ? – Bienvenue dans l’ère des cerveaux libérés » réalisé par la rédaction du magazine Socialter (Numéro 17, Juin-Juillet 2016)

(6) Laurent Alexandre, Chirurgien et Urologue de formation, diplômé de l’IEP Paris, d’HEC et de l’ENA, il a fondé le site Doctissimo en 1999 et dirige la société DNAVision spécialisée dans le séquençage de l’ADN depuis 2010. Il est l’auteur du livre « La mort de la mort » (JC Latès, 2011).

(7) Chronique « Après le Salariat » signée par Marc Halévy dans le numéro 14 de la revue We Demain (juin 2016).

(8) Dossier « La Fin du Travail, et après … » réalisé par Benoît Helme et Antoine Lannuzel dans le numéro 11 de la revue WE Demain (septembre 2015).

(9) Dossier complet « Revenu de base, et si c’était la bonne idée » réalisé par Gérard Leclerc dans le numéro 14 de la revue WE Demain (juin 2016). Marc De Basquiat, Docteur en Économie de l’Université d’Aix-Marseille. Très investi, il est Life Member du réseau international Basic Income Earth Network (BIEN) depuis 2005, il a fondé le Mouvement Français pour un Revenu de Base (MFRB) en 2013 et préside l’Association pour l’Instauration d’un Revenu d’Existence (AIRE) depuis 2014.

(10) Baptiste Mylondo est l’auteur de « Ne pas perdre sa vie à la gagner : pour un revenu de citoyenneté » (2012, Utopia) et « Un revenu pour tous ! Précis d’utopie réaliste » (2010, Utopia).

(11) Bernard Stiegler, Philosophe français, qui axe sa réflexion sur les enjeux des mutations actuelles – sociales, politiques, économiques, psychologiques – portées par le développement technologique et notamment les technologies numériques.

(12) Philippe Van Parijs, Docteur en philosophie de l’université d’Oxford et docteur en sociologie de l’université catholique de Louvain. Co-fondateur du Basic Income Earth Network (BIEN), il est est le co-auteur avec Yannick Vanderborght du livre « L’allocation universelle » (Poche – 2005).

(13) Céline Alvarez est l’auteur du livre « Les lois naturelles de l’enfant » (Les Arènes).

Tweet about this on Twitter15Share on LinkedIn247Share on Facebook19Share on Google+0Share on Viadeo0
The following two tabs change content below.
Maître Jedi et Directeur Général de #rmstouch, société spécialisée en Recrutement mobile & social. Il forme et accompagne les organisations dans l’utilisation des médias sociaux et des technologies mobiles pour optimiser l’efficacité de leur Recrutement et l’attractivité de leur Marque Employeur. Organisateur de l'événement #rmsconf et auteur du livre "Job & réseaux sociaux, connectez-vous" (Hachette), il « évangélise » à tour de bras Recruteurs et candidats pour les convertir au Recrutement innovant. Telle est sa mission !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *