#rmsconf Lyon : 04 décembre 2014 !

#rmsconf Lyon : 04 décembre 2014 !
Et si le problème venait des candidats et non des recruteurs??
Par : Laurent Brouat
38
candidats-recruteurs-problemes-266x266


Il y a quelques jours j’ai lancé la recherche d’un stagiaire pour Link Humans. Et nous avons décidé de faire une video qui expliquerait tout…

La vidéo

Voilà le résultat…le stagiaire qui a bossé dessus a fait un remarquable travail. Nous y expliquons rapidement l’entreprise, qui nous sommes, les différentes responsabilités du poste…et nous finissons avec cette phrase: « si vous voulez postuler, envoyez votre profil en ligne à … » avec l’adresse email correspondante pour envoyer le profil en ligne.

Mon espoir était de faire le recrutement du stagiaire sans CV mais avec son profil sur Linkedin ou Viadeo ou DoYouBuzz….bref je voulais inaugurer la fameuse ère « sans CV » et tester les résultats.

Les résultats

À ma grand surprise, les 1ers résultats sont tombés le lendemain…10 emails avec tous les mail contenant des CVs papier!!!!!!

Et j’ai commencé à renvoyer des mails en précisant que je ne voulais pas de CVs mais les liens pour aller voir leur profil en ligne (c’est mon côté radical, je sais). Au bout d’un moment, de guerre lasse, j’ai arrêté!

Ma 1ère conclusion est qu’on dit que les recruteurs sont lents à adopter les nouveaux outils mais en fait ce sont les candidats qui sont lents à adopter ces nouveaux outils. Sur tous les emails reçus jusqu’à présent, aucun profil Linkedin ou Viadeo mais des CVs encore des CVs…

Ce sont bien les candidats qui ont des problèmes à utiliser les nouveaux outils et à réellement s’approprier les profils en ligne et en faire de vrais outils de carrière/recherche d’emploi…et quand on leur offre cette opportunité, ils envoient des CVs.

Mais pourquoi?

J’imagine plusieurs hypothèses…

  • l’habitude, les candidats sont conditionnés par les CVs depuis des années…en l’occurence cela ne s’applique pas aux étudiants de 21 ans mais peut êre à leurs services carrière qui sont vraiment dépassés
  • leurs profils en ligne ne sont pas complets ni bien remplis donc ils préfèrent envoyer leur CV
  • peur de l’inconnu, ils n’ont jamais fait ça
  • les étudiants ont peu de profils sur les réseaux sociaux contrairement aux cadres et cadres sup

Voilà quelques idées mais je serai curieux de connaître vos hypothèses…

Car finalement, on parle de la frilosité des recruteurs dans l’utilisation de ces outils mais on peut aussi parler de la frilosité des candidats. Je leur donnais l’occasion de le faire, mais c’est un vrai échec.

Peut-on pour autant appliquer cette expérience à petite échelle sur une plus grande échelle?

Update: d’abord après différents feedbacks, je voudrai dire que effectivement la vidéo n’a pas été faite avec la clarté qui permettait de passer le message que l’on ne voulait pas de CVs ! Mais que tout n’est pas perdu puisque j’ai reçu mon 1er profil Linkedin pour le stage :))

The following two tabs change content below.

Laurent Brouat

Directeur associé de Link Humans France, Laurent forme les professionnels du recrutement depuis 2009 sur les nouvelles technologies (réseaux sociaux...) et le sourcing. Il est co-fondateur de #rmsconf et #TruParis les plus grands évènements sur le recrutement en France. Il est enseignant et conférencier sur le recrutement innovant.

38 commentaires

  • C’est a peine croyable! Je suis basee en Californie et avoue n’avoir pas touche a un CV depuis des lustres tandis que linkedin fait partie de mon quotidien. Ce n’est pas pour rien que le site vient de passer reseau social #2 aux USA: grande flexibilite de recherche, reactivite accrue avec des prises de contact quasi immediates, bouche a oreille facilite, acces direct aux recruteurs…
    Je ne suis pas certaine de savoir comment chercher un emploi en Europe! Je suis tellement habituee a ces outils de networking maintenant…
    Merci d’avoir partage les resultats de l’experience.

  • Vanessaf dit :

    Alors, il est certain que tous les étudiants ne sont pas forcément au courant de l’existence des réseaux comme Viadéo ou LikedIn, ou du site Doyoubuzz.

    Vous me direz, pour quelqu’un qui est formé dans les métiers du multimédia et du Web, il faut connaitre ces « outils » de recrutement.

    Personnellement, étant diplômée en information et communication spécialité e-rédactionnel, j’ai moi-même mis du temps à aller sur ces réseaux et tous les réseaux sociaux de manière non-anonyme.
    Car lorsque l’on connaît le web, on sait que si ces espaces sont ouverts aux employeurs ils le sont à tout un chacun. Et c’est en somme un déballage de vie non pas forcément « privée » mais pas forcément public.
    Ce n’est que mon avis…

    De plus, peut-être aurait-il fallu mettre plus en avant dans votre video le « ONLINE PROFIL »…

  • Emilie Ogez dit :

    Deux autres hypothèses possibles :
    - ils ont lu trop vite l’offre d’emploi.
    - les candidats se disent que les recruteurs préfèrent recevoir des CV papier.

  • Selon nos constats (id-carrières), les hypothèses pourraient être les suivantes :

    1- Hypothèse de Laurent complétée : les étudiants ont peu de profils sur les réseaux sociaux « PRO » contrairement aux cadres et cadres sup, et ils ne savent pas encore très bien comment faire (d’où le lien avec les services Carrières & Emploi des écoles et des universités lorsqu’ils existent…)

    2- L’hypothèse d’Emilie : lecture trop rapide de l’offre : Stage/Londres/Marketing

    3- Pas envie ;-) de créer un profil pro à l’occasion d’une simple recherche de stage !! alors que leur CV est prêt, leur lettre de motivation standard aussi … (voir notre ancien article sur la logique d’emailing dans la recherche de stage …)

    Expérience intéressante ! merci Laurent.

  • Elena Chihai dit :

    Oui, c’est peu croyable mais c’est comme ça :)
    Même si on parle à droite et à gauche de ces réseaux sociaux et leur efficacité – on est encore loin de savoir les utiliser et surtout, les utiliser efficacement. L’un des raisons, d’après moi, c’est que cela prend énormément du temps et d’ailleurs il y a des gens qui disent que « c’est un vrai métier ». J’ai fait mon mémoire de fin d’études là-dessus et d’après mes résultats – les réseaux sociaux servent plutôt à ceux qui chassent et qui se laissent chasser. Pour tous les autres, ils préfèrent rester dans le traditionnel… d’autant plus les candidats qui n’ont pas beaucoup d’expérience et qui estiment qu’ils ne savent pas se vendre… ils ont une réserve vis-à-vis de ces outils en préférant l’approche direct. Déjà qu’ils ont du mal à construire son CV et jouer « le rôle » en entretien – bah encore nourrir son e-réputation. Mais ça va évoluer !

  • sebastien dit :

    Hello Laurent

    Comme tu l’as précisé lors de l’interview que nous avons réalisé avec toi sur l’emploi, il faut davantage éduquer que former les personnes pour qu’elles intègrent les nouveaux modes opératoires. Cela signifie aussi qu’il faut s’attendre à faire face au poids des habitudes.

    Pour cela, ta communication se doit d’être plus claire que claire pour éviter ce genre d’écueils.

    Nous avons également fait un recrutement sans CV en souhaitant mettre en situation les futurs professionnels RH que nous recherchions. La première réaction a été ok votre mise en situation mais où dois-je envoyer mon Cv car je suis pro.

    Pour un pro, le fait de le dire était suffisant. Dommage pas pour nous.

    Dans la vidéo, à aucun moment je vois la mention NO CV. Je sais ils pourraient écouter, faire attention, montrer qu’ils sont de grands professionnels mais dans ton exemple, ils sont des stagiaires, des gens en devenir, ils n’ont pas encore tous les réflexes, tous les automatismes, toutes les routines de ce nouveaux modes opératoires.

    Alors avant de remettre en cause le récepteur d’un message, l’émetteur sait-il assuré de l’impact de sa communication.

    Voilà une hypothèse, rien de plus rien de moins.

    bien à toi

    • Laurent Brouat dit :

      Sébastien,
      Je suis absolumment d’accord avec toi…j’aurais du être plus clair dans le message et bien précisé « no CV »…quelqu’un d’autre m’a fait la remarque (merci Sylvaine:) sur l’émetteur et c’est vrai que l’outil a probablement influencé ce résultat…donc mea culpa sur cet aspect car il a clairement eu un impact sur le résultat final!!!! Et l’émetteur est aussi responsable!!!

      En tout cas, je ne remets pas en cause les candidats mais j’essaie d’interroger sur la capacité des candidats à utiliser leur profil en ligne…La question vaut d’être posée!

    • Je rejoins complètement ce commentaire, Sébastien;)
      Comme je l’ai précisé à Laurent ce matin, le cerveau est ainsi fait qu’il repère ce à quoi il s’attend et ignore le reste. Or, la mention « onlie profile » arrive tout à fait à la fin et ne dure qu’un très court instant. Le candidat qui a décidé de postuler s’est mis dans des mécanismes de pensées qui correspondent à ses habitudes sur le fait de postuler: il réfléchit déjà donc en termes de CV joint, plus habituels. Concrètement, cela signifie qu’il a beau regarder avec attention, il ne voit pas la dernière image (tout le monde se souvient sans doute de l’expérience avec l’ours et les joueurs de basket).

      Il me semble que pour développer ce type de recrutement, il est essentiel de ne pas attendre/espérer que le changement se fasse tout seul de la part des candidats. Il est important de le susciter, d’inciter à penser autrement en utilisant des montages vidéo (ou des discours) adaptés aux mécanismes du cerveau.

      Et je rejoins aussi le dernier point du commentaire de Sébastien: quand une stratégie (vidéo ou autre) ne fonctionne pas, la remettre en cause avant toute chose;))

  • Merci d’avoir partagé cette expérience !

    Je suis un peu déçue de voir que mes « confrères étudiants » soient aussi peu connectés aux réseaux sociaux… Peut-être qu’ils se sont également dits « Je vais leur envoyer mon CV quand-même pour être sûr ».
    D’un côte on ne pourrait le leur reprocher puisque effectivement il est difficile de se défaire du beau CV bien mis en page etc.
    D’un autre côté, une personne (étudiant ou pas) qui postule pour un stage qui touche de près ou de loin au net et aux médias sociaux se doit d’avoir au moins un, voire plusieurs profils pro en ligne !

    Il serait intéressant aussi de faire l’expérience à l’envers, et de faire l’impasse du CV en tant que candidat. Est-il possible de trouver un emploi (facilement et dans un laps de temps raisonnable) sans jamais se servir du CV mais uniquement des réseaux sociaux pro ? Quelqu’un a-t-il déjà tenté l’expérience ?

    • Elena Chihai dit :

      Nathalie,
      trouver un emploi « (facilement et dans un laps de temps raisonnable) sans jamais se servir du CV mais uniquement des réseaux sociaux pro ?  » ce n’est pas totalement possible ou du moins, pour l’instant. En tout cas c’est mon avis, parce que le CV interviendra forcement dans une étape ou autre de processus de recrutement.. à moins que la personne recruté soit une très, très bonne connaissance de la personne qui recrute. Autrement, il y a encore peu des possibilités administratives pour justifier tel ou tel choix ayant comme base juste les profils LinkedIn et Viadeo. Certes, il y a des entreprises/agences qui essayent d’être dans les tendances et innovation mais il ne faut pas oublier tout le reste où la procédure de recrutement reste très précise et protocolaire. J’avais entendu un témoignage, comme quoi, quelqu’un a trouvé un emploi via son profil Viadeo seulement mais là encore, le réseau personnel a été « au milieu ».

    • Coralie dit :

      Bonjour Nathalie,

      Je n’ai jamais cherché à être recruter sans CV, mais il y a une occasion où j’aurais pu.
      Une fois, j’ai été contactée par un recruteur sur Viadeo. Après quelques échanges sur Viadeo, je l’ai contacté par téléphone et nous avons pris rendez-vous pour un entretien. J’ai eu un deuxième entretien dans l’entreprise sans que mon CV ne m’ait jamais été demandé, et je pense que si je n’avais pas trouvé un poste qui me convenait mieux, j’aurais pu être recrutée sans avoir utilisé mon CV.
      Il y a donc bien des recruteurs qui sont prêt à se passer du CV dans sa forme classique.

    • Coralie dit :

      A mon avis, il y a différentes choses qui font que les jeunes candidats ont du mal à ne pas envoyer de CV au format classique.
      Parmi elles, le fait qu’il y a encore peu d’écoles où on pousse les étudiants à utiliser les réseaux sociaux, donc beaucoup d’étudiants n’ont pas de profil sur les réseaux sociaux professionnels, ou des profils incomplets.
      Mais peut-être aussi le fait qu’un profil sur Internet est forcément généraliste, alors qu’il est possible de faire un CV spécifique pour le poste convoité si on l’envoie par e-mail.

      • Bonjour Coralie,

        Je profite de vos 2 commentaires pour répondre également à Nathalie.

        Les raisons sont multiples et bien expliquées tant par Laurent dans son billet que par les nombreux commentaires.
        Pour bien comprendre pourquoi le Recrutement « risque » (est-de réellement un risque ?) dans un avenir proche de se passer de plus en plus du CV, je vous invite tous à lire le billet que j’ai consacré ici-même sur ce blog à la disparition du CV : « Pourquoi le CV est déjà mort ! »

        Quant au manque d’information et de formation des étudiants, nous nous employons Laurent et moi lors de nos interventions en Universités et Ecoles de Commerce d’y remédier ! ;)

    • Bonjour Coralie,

      Je profite de vos 2 commentaires pour répondre également à Nathalie.

      Les raisons sont multiples et bien expliquées tant par Laurent dans son billet que par les nombreux commentaires.
      Pour bien comprendre pourquoi le Recrutement “risque” (est-de réellement un risque ?) dans un avenir proche de se passer de plus en plus du CV, je vous invite tous à lire le billet que j’ai consacré ici-même sur ce blog à la disparition du CV : “Pourquoi le CV est déjà mort !”

      Quant au manque d’information et de formation des étudiants, nous nous employons Laurent et moi lors de nos interventions en Universités et Ecoles de Commerce d’y remédier !

  • Nelly dit :

    Bonjour,

    J’ai parcouru les commentaires concernant ce sujet et nulle part (si je ne trompe) personne ne parle de l’aspect budget.

    Car comme nous le savons tous la majorité des réseaux sociaux sont payants, donc entretenir une e-reputation n’est peut-être pas forcement à la portée de tous à plus forte raison des étudiants.

    Peut être tenir compte cet aspect également dans votre étude.

  • Clement dit :

    Bonjour,

    En tant qu’étudiant, mon avis est que c’est risqué de ne pas envoyer de CV.
    En effet, je pense que l’immense majorité des entreprises veulent un CV. Je pense donc qu’envoyer un profil en ligne à la place du CV (et donc sans joindre ce dernier) serait une erreur car proportionnellement plus risqué.
    Dans le doute, ne sachant pas quelles sont les attentes du recruteur (dans le sens employeur), il est préférable de joindre le CV. Je ne dis PAS qu’il ne faut pas donner ses profils en ligne, mais pas sans CV.

  • HIBAM dit :

    Bonjour,

    Je pense que les jeunes en général sont conditionnés pour le Cv papier, dans tous les cabinets de recrutements y compris les intérims il faut un Cv format Word, donc cela ne prépare pas les jeunes à passer par les réseaux sociaux. Certes il faut aussi mentionner ses profils en ligne, mais le Cv papier reste un outil clé dans une recherche d’emplois, en tout cas en France.

  • Rom1 dit :

    Je suis étudiant, j’ai un profil Viadéo (à moitié complété et sans mon nom), un CV doyoubuzz (à moitié complété) et tous les deux ne sont pas indexés dans les moteurs.
    Mon plus gros frein étant la visibilité par tous de mon CV. Je fais extrêmement attention aux traces que je laisse sur la toile et je n’arrive pas à comprendre que les réseaux sociaux professionnels ne proposent pas davantage de paramètres de confidentialité dans la gestion des profils.
    Non je n’ai pas envi qu’en tapant mon nom sur Google on sache tout de ma carrière professionnelle (minime soit-elle).
    Au passage, cette transparence professionnelle des individus, est du pain-bénit pour le social engineering

  • laurence dit :

    Suis tout à fait d’accord avec ton point, c’est en effet une étape cruciale que de faire passer le candidat du papier au profil en ligne. Mais j’ai également envie d’ajouter que côté recrutement « peer to peer », c’est pas évident non plus, j’essaie depuis 1 mois de recevoir des profils pour 2 postes dans ma nouvelle équipe, basés sur les nouvelles techno (un dir technique et un dir marketing), et je n’ai eu qu’un seul retour, excellent d’accord, mais c’est fort peu… Donc j’ai un peu l’impression que le recrutement 2.0, on en parle beaucoup, mais que c’est encore fort limité. Tu en penses quoi ? Les autres participants à la discussion ?

  • Mouna dit :

    Bonjour,

    Je pense que pour la majorité des candidats, le CV papier reste un rituel tout comme le costume/cravatte à travers lequel le candidat veut faire bonne impression. Malheureusement, les candidats ne sont pas prêts à laisser tomber cet idée, je trouve que c’est dommage.

  • Mathias dit :

    Le rituel du CV est si vif coté recruteur que même si la première étape de contact ne l’utilise pas, il sera obligatoire ensuite.

    L’utilisation des réseaux sociaux pro reposent quand même sur un type d’interprétation du CV, l’anglosaxonne. Un CV y est lu comme le révélateur du potentiel du candidat et de sa capacité à contribuer dans le poste et plus généralement dans l’entreprise. Y compris pour les jobs où le besoins est très clair et simple.

    Or en France, c’est la recherche de mots clefs qui doivent correspondre le plus possible voir à 100% au poste pour espérer être dans la pile favorable et pas la poubelle. Cette interprétation repose sur une comparaison. De plus, il est récurent de lire qu’il faut adapter son CV à la candidature pour faire ressortir les points les plus pertinents (presque) comme dans une plaquette marketing. Son profil sur les réseaux pro ne peut pas être adaptatif, il nous oblige à raconter une histoire générique incompatible avec la façon de le lire.

    Alors oui un profil sur les réseaux pro est très utile or le type de lecture qui en est fait en France me semble incompatible avec la pratique. Ma constatation est que de plus en plus de personnes ont bien un profil mais sans renseignement précis pour chaque poste, et même certains recruteurs déconseillent d’y mettre des détails.
    Sinon on est mis trop vite dans une petite case…

  • Bonjour,

    En tant qu’étudiant en fin de cursus en école de commerce, je dois dire que le manque d’éducation sur l’utilisation des réseaux sociaux dans le cadre d’une recherche d’emploi ou de stage est flagrant. La question de présence en ligne est même souvent tabou pour les personnes que je connais.

    Les étudiants connaissent les réseaux sociaux mais peu les utilisent dans une optique professionnelle. Je me souviens de l’intervention de Benjamin Chaminade dans mon école il y a bientôt plus d’un an. Il avait demandé à la salle sur quels réseaux ils étaient inscrits et moins d’un quart de la salle avait répondu oui pour Viadéo, 1/10 étaient inscrits sur Linkedin et 3/100 sur Twitter. Et aujourd’hui l’arrivée un peu tardive sur ces réseaux se ressent parmi mes collègues de promo : profils peu détaillés, souvent incomplets, nombre de contacts très limité et engagement zéro. On crée son profil Viadéo ou Linkedin comme on dépose un CV sur un jobboard.

    Beaucoup d’entre eux me disent qu’ils préfèrent le CV aux réseaux sociaux parce qu’avec un CV, ils sont sûr d’être dans une bonne case. Le marché du travail pour les jeunes diplômés n’est pas facile aujourd’hui dans certains domaines et malheureusement, je pense que les étudiants préfèrent la sécurité du CV, relu et corrigé par un tiers. Mieux vaut ne pas se faire remarquer que de se faire remarquer en mal. Ça reste dans leur esprit le moyen numéro 1 afin d’obtenir un stage ou un emploi.

    Je pense que c’est des initiatives comme celle que vous avez menée ici qui vont réussir à faire évoluer les mentalités des candidats. Si on les encourage à procéder différemment, ils adopteront peut-être de nouvelles méthodes. Il est cependant important qu’on leur fasse comprendre que les réseaux sociaux sont une opportunité en matière d’emploi, pas une menace.

    • Bonjour Aurélien,
      Entièrement d’accord avec votre analyse, malheureusement ! :(
      J’interviens, tout comme Laurent Brouat, Benjamin Chaminade et d’autres, auprès de nombreux étudiants et Jeunes diplômés en Universités et Ecoles de Commerce et force est de constater que le chemin est encore long !
      Notre démarche d’évangélisation est malheureusement un peu vaine dans le temps (interventions ponctuelles, impossible de toucher tout le monde, chaque année) et dans l’espace (nous n’intervenons pas auprès de toutes les universités et écoles), tant que les équipes pédagogiques ne seront pas formées et sensibilisées. Je m’y emploie ! :)

  • Sophie dit :

    Il serait intéressant de voir si vous recevez (avez reçu, à l’heure actuelle) autant de « papier » sur la nouvelle session de recrutement de stagiaire, un peu plus de 6 mois après celle présentée ci-dessus…

    • Laurent Brouat dit :

      Effectivement Sophie, on pensait faire un résumé de la 2e recherche de stagiaire…et on a reçu 2 candidatures, 2 jeunes bloggers qui sont terribles…résultats impressionnant! On va le partager…je pense!

  • Bonjour, j’ai pris connaissance de votre billet avec beaucoup d’intérêt et j’ai une hypothèse en ce qui me concerne.

    Nos jeunes étudiants ne sont pas « formés » à l’utilisation des réseaux sociaux comme moteur recherche d’emploi ou d’offres de services… Sauf à ce que ce soit des créatifs par nature (et encore…).

    Je suis entourée de jeunes adultes et je suis toujours surprise de leur fonctionnement très « old school ». Pour ceux que j’ai pu accompagner, twiiter, FB et autres restent des réseaux pour communiquer entre amis.

    Ils s’attachent à leur CV parce-que même les écoles de « management » leur demande de candidater avec cv et lettre de motivation. :(

    A quand un véritable apprentissage dès les centres de formations (également pour adultes) des codes et de l’utilisation des profils web.

    Bien à vous.
    Corinne LP

    • Laurent Brouat dit :

      Merci Corinne pour ce partage…effectivement on y retrouve une part de responsabilité pour chacun, étudiants et écoles (services carrières en particulier). Et ce type d’apprentissage pourrait aussi s’appliquer aux centres de formation.

  • Ne pas oublier que dans cette frénésie du CV papier, c’est un ménage à trois. A tort, on accuse tantôt les recruteurs, tantôt les candidats. Quid des intermédiaires du recrutement aux méthodes vieillotes ? Allez aux ateliers proposés par les maisons de l’emploi ou autres organismes du service public, vous remarquerez qu’ils font toujours la part belle au CV papier, même s’il y a un focus sur les médias sociaux. Passer par un profil viadeo ou linkedin pour chercher un emploi implique qu’on a des choses à dire, des compétences à partager, qu’on sait comment interpeller les recruteurs sans être nombriliste… et beaucoup de temps à consacrer pour un tel excercice !

    Aujourd’hui, la plupart des recruteurs utilisent des logiciels pour scanner automatiquement les CV papier à la recherche de mots-clés. A ma connaissance, ces outils ne peuvent pas effectuer cette démarche sur les réseaux sociaux. Les pratiques de chacun doivent évoluer pour modifier à terme ses comportements.

  • Aurélie dit :

    Personne ne songe au coût que cela peut représenter pour une personne étudiante ou en recherche de poste de se lancer sur des abonnements Viadeo/Linkedin (sans abonnement on ne peut pas faire grand chose avec) !!!

    • Laurent Brouat dit :

      Bonjour Aurélie! Merci pour votre commentaire. Je ne suis pas du tout d’accord avec les option gratuites on peut déjà faire beaucoup de choses et c’est que je répète à mes étudiants! On peut consulter les profils entreprise, consulter les profils de 2e degré, voir la plupart des groupes et en passant par Google on a accès à tous les profils. Donc, non les étudiants n’ont pas besoin d’un abonnement payant pour utiliser ces réseaux (je conseillerai quand même d’investir 7 euros/mois pour viadeo qui vaut le coup).

  • Bonjour et merci Laurent pour cet échange tjrs instructif.
    Laissez moi vous donner les, commentaires d’un solo-recruteur ( à savoir moi-même).
    La vidéo de Links Human m’a semblé bien faite claire et s’inscrivant volontairement dans un cadre Web2.0 sauf lecture trop rapide et en diagonale.
    Les raisons que j’y vois pour le manque de réponses ciblées sont les suivantes:

    * Pb Culturel (formation aux réseaux prof peu débattue en Université ou Ecoles de Management),
    * Pb économique effectivement il faut aussi le préciser…même si Google aide bcp (point +°
    * Pb de personal branding ( les étudiants se méfient peut-être des réseaux pro qu’il comparent à FB)? et préferrent protéger leur réputation numérique.
    Néanmoins, la méthode employée par vos soins qui me semble excellente….peut poser un Pb aux recruteurs dont je suis car effectivement nous passerons plus de temps à l’examen des Cvs (peu importe le support ou la plateforme) afin de decrypter/ déchiffrer, parcourir le CV du candidat.
    Nous avons aussi nos habitudes et surtout celle de décrypter les lignes de forces d’un parcours ou d’une carrière assez rapidement ce qui crée (je l’admets) un certain confort…
    Je suis en cours de recrutement de Graphistes Juniors et j’avais mentionné que le : les portfolios seraient des pièces importantes de nos critères de sélection….et bien malgré cela, j’ai néanmoins reçu des Cvs c’est vrai plus originaux que la moyenne mais souvent les liens manquaient avec leurs réalisations (?).
    Personnelement je crois bcp plus au « Matching de compétences » dans un proche avenir car si la plateforme est bien étudiée et architecturée c’est un gain de temps et qualité pour les recruteurs.
    En conclusion je salue les initiatives et blogs de J-C ANNA et les interventions de LAURENT qui participent à ces grandes campagnes d’évangélisation!
    Bien à vous
    Thierry « Eveilleur de Talents! »

  • Stratus Cajun dit :

    Vous n’avez pas l’impression parfois de vivre dans votre petit monde virtuel composé d’un cercle d’initiés – entre soi on est mieux – et tant pis pour les pauvres débiles qui ne sont pas à la page des réseaux sociaux ? Savez-vous que la société est constituée de personnes à la recherche d’un emploi entre 16 et 62 ans ? Et non, toutes n’ont pas une adéquation avec ce genre de pratique en réseau. Souvent de bons salariés compétents, motivés et désireux de satisfaire un employeur, ne sont pas les pros de la communication tous azimuts. Nous ne valons pas rien parce que nous conservons le CV comme mode d’action. Vous n’en avez pas assez de disqualifier votre prochain sous prétexte de la sacro-sainte modernité ? Vous n’en faites pas un peu trop pour un malheureux stagiaire même pas rémunéré ?
    Quant à la brave dame qui se demande comment on fait pour trouver un emploi en Europe, elle devrait peut-être actionner ses neurones un peu plus par elle-même sans l’aide du « réseau », mais sait-elle encore faire ?

    • Laurent Brouat dit :

      Merci beaucoup « Stratus Cajun » pour votre commentaire.
      Cet article n’a pas prétention à dire que les gens qui ne sont pas sur les réseaux sociaux sont des « pauvres débiles »…Les réseaux sociaux sont un moyen parmi d’autre pour chercher un boulot, un moyen fort utile pour faire du réseau, trouver de l’info, un moyen complémentaire.
      Effectivement, nous vivons parfois dans une bulle…mais cette bulle a tendance à s’élargir jour après jour, chiffres de l’IFOP après chiffres de l’IFOP (de + en + de gens connectés sur internet et donc de gens qui ont un profil sur les réseaux sociaux!, 7o% des cadres en France!).
      PS: demandez à nos stagiaires malheureux comment ils ont été traités :)

  • aurel dit :

    Bonjour. Moi aussi, je pense que ça doit être une question d’habitude. On apprend, dès le lycée, à rédiger des CV et lettres de motivation. Créer des profils sur le Web pour des raisons professionnelles ne fait pas encore partie de nos mœurs.

  • pierre dit :

    En tant que demandeur d’emploi, quand je vois les réponses négatives que je reçois qui sont truffées de fautes vraiment choquantes (lettre signée parfois par le ou la DRH), je me dis que les recruteurs devraient revenir à la bonne vieille dictée comme test au lieu de faire toutes sortes de tests à la con. Les réponses truffées de fautes, ça donne vraiment une image catastrophique de l’entreprise, on se dit « c’est vraiment une chance de ne pas être retenu », ça fait très incompétent.

  • Samuel dit :

    Bonjour

    En recherche active actuellement, je constate tout simplement que 100% des offres nécessitent l’envoi d’un CV et aucune la mention « ou lien profil vidéo, linkedin, doyoubuzz… »

    Cela n’encourage pas vraiment à tenter l’expérience.

    Pour ma part, je pense que l’initiative doit venir clairement des recruteurs. Cependant je suis prêt à expérimenter l’idée.

    Bien à vous.

    http://www.doyoubuzz.com/samuel-aissaoui_1

  • Frédétic Fatoux dit :

    Bonjour,

    Professeur d’anglais dans une école supérieure qui forme des Bac+3, un de mes cours est basé sur la rédaction et la mise en ligne d’un profil Linkedin. L’examen de ce cours, c’est l’appréciation de leur « cv en ligne » et leur capacité à le défendre en anglais. J’ai ajouté dans une autre section (bachelier en multimédia) la réalisation d’un vidéo CV.

    Si effectivement les étudiants doivent être éduqués à ces nouvelles pratiques (la majorité ignore l’existence même de Linkedin et tous douent de l’intérêt du vidéo CV), plusieurs me recontactent après être sortis de la Haute Ecole pour que je jette un coup d’oeil à leur CV papier. Parce que c’est ce document qui est demandé par les entreprises.

    Visiblement, les pratiques n’ont pas évolué grandement depuis 2011, date du premier commentaire sur ce fil. C’est peut-être cela le plus étonnant.

    Bien cordialement

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title="" rel=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>