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Le recrutement en 2025 vu par… Mohamed Achahbar
Par : Mohamed Achahbar
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#rms2025 Mohamed Achahbar
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Beaucoup sont ceux qui mirent en doute la possibilité que le recrutement tel que nous le connaissions puisse un jour disparaître. Voici comment ils changèrent d’avis.

 

AVERTISSEMENT

Sûrement. Sûrement qu’à vos yeux, ce billet va vous sembler davantage un exercice de style qu’une vraie prospective basée sur la bien nommée Hard Data1. Pour prévenir cela, l’obligation est faite d’invoquer Einstein (merci le vieux ! ) :

L’imagination est plus importante que la connaissance. La connaissance est limitée alors que l’imagination englobe le monde entier, stimule le progrès, suscite l’évolution.

Il est donc inutile de jeter à l’auteur la pierre de l’opprobre car elle tomberait fatalement dans le fossé qui sépare le présent de l’imagination. Et de l’imagination, il en faudra pour dessiner un monde sans recrutement et même sans intermédiaires de recrutement.

 

Pour les profanes et va-nu-pieds, le recrutement n’a pas fini d’user les cerveaux car au problème de trouver le bon profil pour un poste de travail et la bonne personne pour l’occuper dans le cadre d’un contrat de travail, bien des cheveux furent arrachés, des méninges atrophiées et des sourires gaspillés sans pour autant qu’une solution globale n’émerge. Alors au lieu de gloser sur les évolutions du recrutement et ses nouvelles formes, pour lesquelles la lecture ne manque pas, je préfère prendre un tout autre pari, provoquant, mais ô combien stimulant qui est :
 

Et si le recrutement disparaissait d’ici 2025 ?

 

Pour explorer cette question, j’ai réalisé un diagnostic pour isoler l’élément constitutif du recrutement indispensable à la réalisation de celui-ci. Est-ce le besoin ? Non, des emplois fictifs existent. Le(s) candidat(es) ? Non plus, il existe des postes non pourvus … Alors en égrenant petit à petit tous les éléments, je suis tombé sur le contrat de travail. Seul ce dernier matérialise le recrutement même s’il peut être oral, verbal ou tacite2. Alors, j’en arrive à la conclusion que si le contrat de travail disparaît, le recrutement le suivra dans l’abîme. En partant de ce point, je pensais tomber dans un impitoyable cercle tautologique qui, à défaut de me fournir une réponse à ma question, aurait au moins l’avantage d’ouvrir de nouveaux faisceaux de réflexion. L’un de ces faisceaux me mena vers la fin du salariat et le renouveau de l’entrepreneuriat.

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La montagne et le tailleur de pierre

Pour aller droit au but, c’est bien l’idée de la fin du salariat3 qui amène à reconsidérer le recrutement. Cette idée centrale a pour pivot argumentaire qu’un fourmillement entrepreneurial s’empare de la planète et rabat les cartes des relations contractuelles. Concrètement, avec un modèle salarial de moins en moins séduisant, l’entrepreneuriat va impacter notamment le recrutement avec le développement de nouvelles formes de collaboration.

En effet, il y a plus d’entrepreneurs aujourd’hui qu’il n’y en a jamais eu auparavant4. Selon Eric Ries, auteur de The Lean Startup, ceci est le fruit de plusieurs facteurs et certains d’entre eux sont dramatiques pour les économies occidentales. Le premier est la destruction de l’emploi industriel5 conjugué aux gains de productivité croissants6 qui libèrent des forces productives ou si vous préférez un autre terme, des ressources humaines. Or, ces ressources vont être naturellement mobilisées dans des projets entrepreneuriaux. A cela s’ajoute également un autre fait social qui est la prise d’influence et de pouvoir d’une nouvelle génération, la Génération Y7 que Le Nouvel économiste qualifie même de Génération free-lance8.
 

#rms2025

 

Auto-entrepreneur, start-upper, portage salarial, free-lance … voilà autant de termes avec lesquels les RH vont devoir de plus en plus se familiariser à l’avenir. Par exemple avec le free-lance qui connait un certain engouement9. Cela entraine des flux de ressources humaines depuis le marché de l’emploi et par la même, une raréfaction des talents disponibles, vers le marché des prestations de service.

Comme le freelance, le portage salarial prend également de plus en plus d’ampleur10 et tout l’intérêt de ces dispositifs est de donner de l’agilité et de la flexibilité à l’organisation sans avoir à réformer en profondeur le code du travail. De plus, ce type de relations contractuelles n’est pas régi par le code du travail mais par le code du commerce. Par ailleurs, si le portage salarial pour les non-cadres est remis en question par le gouvernement et suscite l’émoi du secteur11, il ne faut pas oublier le lancement du CDI intérim12 qui emprunte beaucoup au premier.

Egalement des start-ups ont ouvert de nouvelles perspectives aux individus. Tout d’abord, des  » marketplace  » sont mis à disposition des entreprises pour qu’elles exposent leurs problèmes et ainsi permettre à, potentiellement, 7 milliards d’individus de proposer une solution. C’est d’ailleurs la vision de la start-up Hypios.
De plus, des start-ups comme Airbnb ou Uber ont vocation ? transformer les particuliers en hôteliers pour le premier et en chauffeur pour le second. Ainsi, une expérience personnelle me mena à Amsterdam où mon hôte Airbnb m’a fait la confidence d’avoir complètement arrêté son activité professionnelle pour se consacrer à la location de son appartement.

Alors, 11 ans pour que le recrutement disparaisse, cela risque d’être très juste. Vraiment très juste. Finalement, le sujet en soi, va susciter davantage des questions que fournir des réponses et comme François Geuze12 le commente, il y a des questions à creuser. Des questions comme : les recruteurs ne vont ils pas simplement devenir des acheteurs de prestations externes ? Et par extension, Le contrat de travail ne sera t-il pas qu’un simple contrat de prestations de services ? L’annonce deviendra t-elle un appel d’offres ? Le bulletin de paie, une facture ? Tout cela reste t-il du recrutement ?

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Source images : ici et .

 

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Merci Mohamed !

« Le Recrutement en 2025″ sera le thème principal de la 4ème édition de #rmsconf (Recrutement Mobile & Social Conférence) qui aura lieu le 14 octobre à Paris. La contribution de Jean-Baptiste Audrerie s’inscrit dans le cadre de la série « Le recrutement en 2025 vu par … », avec un RDV chaque semaine en amont de #rmsconf. C’est l’occasion pour les différents speakers de l’événement de partager leur vision et imaginer ensemble à quoi ressemblera le recrutement dans 11 ans. Vos commentaires sur chaque billet nourriront le débat et la réflexion.
 

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Voici les autres contributions :

#01 – La série a commencé le 25 juin avec le billet de Jean-Christophe Anna : Le Recrutement en 2025 vu par … Jean-Christophe Anna
 
#02 – Nathalie ServierLe recrutement en 2025 vu par… Nathalie Servier.
 
#03 – Jean-Baptiste AudrerieLe recrutement en 2025 vu par… Jean-Baptiste Audrerie.
 
#05 – Loïc DenizeLe Recrutement en 2025 vu par… Loïc Denize.
 
#06 – Jean-Marc Mickeler : Le Recrutement en 2025 vu par… Jean-Marc Mickeler.
 
#07 – Tcherno Baldé : Le Recrutement en 2025 vu par… Tcherno Baldé.
 
#08 – Christophe Fourleignie : Le Recrutement en 2025 vu par… Christophe Fourleignie.
 

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Mohamed Achahbar

Content Manager chez Yupeek
Le retournement générationnel, la socialisation web galopante et la numérisation du monde sont en train de nous entrainer TOUS, à marche forcée, sans épargner personne, ni organisation, ni process, ni même les systèmes de gouvernance dans une ère d'incertitude enthousiaste, plus humainement appelée l'avenir. Dans ce contexte, Mohamed bâtit des ponts entre les RH, le digital thinking et les nouvelles générations.

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