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Du chasseur au « digital » sourceur
Par : Laurent Brouat
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C’est un sujet qui est revenu constamment dans les sessions sourcing de #TruPari« Le sourceur en baskets va-t-il remplacer le chasseur de tête en costard ? ». En d’autres termes, est ce que le digital va pousser à la sortie une certaine vision du recrutement et mettre au centre le sourcing comme valeur ajoutée ?

Ces questions m’ont été posées par Jean-Noël Chaintreuil dans le cadre d’un livre sur le digital RH et je profite de ces questions pour creuser le sujet avec vous. Ce sont des propositions car le métier et les termes sont en train de s’approfondir depuis plusieurs années, je vous livre donc mes réflexions brutes.

 

Quelle sémantique ? Digital sourceur ou sourceur ?

Je sais que Nicolas Galita qui travaille avec moi aime utiliser ce mot, mais le sourceur est un mot qui n’existait pas il y a encore 2 ans… dans le meilleur des cas, on parlait de “chargé de recherche”. Evidemment la réalité du chargé de recherche n’est pas du tout la même.

Un chargé de recherche est un profil très junior dont le boulot est d’identifier et d’aller chercher des profils pour des consultants qui eux vont faire la partie « noble », l’évaluation.

Aujourd’hui cette réalité du « chargé de recherche » a changé avec le sourcing qui prend de plus en plus d’importance. Le sourcing devenant à la fois stratégique et plus complexe, un profil junior n’est souvent plus la solution d’où l’émergence du sourceur dans les cabinets mais aussi dans les entreprises.

Le sourceur est un profil avec une vraie compétence sourcing donc quelqu’un avec un peu plus de séniorité. Pierre Cannet de Bluesearch nous racontait à #TruParis qu’il avait justement changé d’avis sur le sujet en re développant un pôle sourcing dans son cabinet et en recrutant/formant des profils plus senior sur le sourcing.

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Doit-on apposer le terme de digital devant sourceur ?

Je ne crois pas car le terme sourceur en lui-même contient la notion digitale du fait de son émergence ces 2 dernières années et de son origine (très digital et réseaux sociaux). C’est même presque redondant !

 

Qu’est-ce qu’un « sourceur » ?

Le sourceur aura pour mission de trouver, d’identifier et d’approcher les profils en utilisant tous les moyens à sa disposition. Ces moyens sont évidemment principalement centrés sur le digital. Cela passera par une connaissance fine des réseaux sociaux, de la façon dont on les requête mais aussi de la compréhension et de l’utilisation des mots-clés.

Mais il devra aussi approcher les profils en  utilisant à la fois le digital et le téléphone car la partie approche des cibles est la 2e roue du carrosse du sourceur.

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Quelles sont ses principales compétences ?

Les compétences du sourceur se décomposent en 2 parties distinctes :

Une partie centrée sur l’identification des personnes :

Connaissance des réseaux sociaux, connaissance de la logique booléenne, capacité à comprendre les mots-clés et ceux utilisés par les cibles, capacité d’influence sur l’opérationnel ou le consultant pour extraire mots-clés et compétences clés, connaissance fine du marché sur lequel il prospecte.

Cette partie identification sera fondamentale pour trouver les profils que les concurrents ne trouvent pas.

Une deuxième partie centrée sur l’approche de ces profils identifiés :

Bonne connaissance des messages d’approche efficaces (personnalisation..), capacité à utiliser le téléphone pour approcher les cibles, capacité à convaincre et à influencer les candidats (qui ne le sont pas encore), et enfin connaissance pour animer une communauté /vivier de talents en la nourrissant d’informations ou en partageant des contenus à valeur ajoutée.

Sur cette partie là, le sourceur doit à la fois avoir les qualités d’un commercial (approche téléphonique, convaincre…) mais aussi celles d’un responsable marketing (animation d’une communauté, partage…).

 

En quoi est-ce une évolution du métier de chasseur ?

Ce n’est pas nécessairement une évolution du métier de chasseur mais la création d’un nouveau métier. Les entreprises sont prêtes de plus en plus à investir pour trouver les profils passifs. Les meilleurs ou ceux qui correspondent le plus à l’entreprise sont en poste (80% des personnes sont en poste, ce qu’on appelle les candidats passifs), il faut donc aller les chercher. Cette partie chasse qui était auparavant uniquement réservée aux « chasseurs » s’est largement démocratisée.

Le chasseur ne s’est pas fait remplacer par le sourceur mais le bon chasseur devient aussi un sourceur… d’ailleurs je me retrouve à former de plus en plus les consultants aux techniques de sourcing avancé.

C’est le poste de chargé de recherche qui se retrouve à la croisée des chemins. Je résumerai la situation du chargé de recherche ainsi : je fais du recrutement et je suis habitué à avoir des chargés de recherche jeunes qui ne me coûtent rien, qui s’auto-forment et utilisent toutes les ficelles qu’ils peuvent… Ce modèle n’est pas durable pour les cabinets à mon avis qui doivent monter en qualité et justifier leurs honoraires d’où la réflexion de Pierre Cannet (partagé par les gens dans la session sur les compétences du consultant recrutement de demain).

Cela me rappelle ce tweet à #TruLille !

trulille tweets

En tout cas, l’avènement du digital place encore plus le sourcing dans la chaîne de valeur ajoutée du recrutement et pousse les métiers du recrutement à se spécialiser.

 

Quels bénéfices pour l’entreprise ?

Cette nécessité d’aller chercher les profils permet à l’entreprise de trouver et recruter les personnes qui correspondent le plus à l’entreprise plutôt que d’attendre passivement que les gens candidatent.

La matière grise dans les entreprises de service est aujourd’hui l’élément différenciant, ce sont les hommes qui créent la valeur ajoutée dans les entreprises. De ce point de vue, le recrutement des personnes est un élément hyper stratégique et aller chercher ces profils n’est plus une option.

Pour l’entreprise, ce sourceur sera aussi l’élément visible de l’entreprise, le premier contact pour l’entreprise avec le candidat potentiel et c’est aussi pour ça que ce sourceur (avec un peu de bouteille), pourra représenter l’entreprise le mieux possible.

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Quels sont tes conseils pour devenir un sourceur talentueux ?

Le sourceur talentueux est avant tout une personne curieuse qui va s’intéresser à la recherche et va vouloir essayer de s’améliorer sans cesse.

Pour moi, la qualité principale de ce sourceur talentueux est commerciale. Il saura prendre son téléphone sans aucun souci en complément de tout son travail de fond… le digital, c’est bien mais le téléphone c’est encore mieux. Il y a encore tellement de recruteurs qui n’osent pas dégainer leur téléphone  (je me suis même posé la question de monter des formations pour approcher des cibles au téléphone).

Mon conseil, lisez les blogs qui parlent de sourcing (je fais un peu de pub) ou les articles que nous avons écrit sur #rmsnews, mettez vous en danger avec votre téléphone et n’attendez pas que les bons candidats viennent taper à votre porte.

Le dernier conseil que je donnerais pour être un talentueux sourceur tient à la capacité du sourceur à anticiper les besoins et notamment à entretenir très en amont du besoin des contacts avec des candidats à potentiel, son travail pour entretenir un vivier de candidats. Les meilleurs recruteurs et sourceurs que je connais ont toujours un coup d’avance et travaillent leur vivier en permanence et en parallèle.

 

Crédit photo shutter stock : fishing bear in Alaska, Surfer on Blue Ocean Wave in the Tube Getting BarreledBrown bear on Alaska

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Laurent Brouat

Ancien associé de #rmstouch, Laurent est Directeur de Link Humans France depuis 2015.

4 commentaires

  • Bertemes says:

    Bonjour Laurent,

    excellente analyse du métier de sourceur et de ses compétences.
    J’ai souvent tendance à dire que l’activité de sourcing, par de nombreux aspects, s’apparente à l’activité d’une agence matrimoniale : faciliter les rencontres entre des personnes qui cherchent à se rapprocher pour poursuivre leur développement mutuel 🙂

    Belle journée,

    Bernadette

  • MARTIN says:

    Une très bonne analyse à mon sens.
    Merci Laurent

  • loic says:

    Très bon article, merci Laurent pour ce partage. Seule petite remarque, je ne suis pas totalement d’accord avec le fait qu’on ne puisse pas appliquer le mot « digital » à celui de sourceur; Tu dis que le terme est apparu depuis 2 ans. Je ne sais pas si effectivement le terme sourceur est si nouveau mais il n’empêche qu’on parle de sourcing depuis bien longtemps et bien avant l’apparition de la première annonce sur le web. le sourcing c’est juste la recherche de candidat en anglais. Le sourceur est un chargé de recherche à la base mais (et c’est là où je te rejoins dans tout ton article), le métier deu sourceur (chargé de recherche en français) a évolué avec les réseaux sociaux et l’explosion de l’offre « recherche de profils/CV » sur Internet (web + appli mobile). Avant le sourceur recherchait des cvs dans les bases des annuaires écoles, anciens, de ses propres bases CRM, des organigrammes des sociétés qu’il aura lui même recomposés poste par poste et des cvthèques des premiers jobboards. le digital sourceur a aujourd’hui un terrain de « jeu » bien plus vaste et complexe avec les réseaux sociaux, les blogs, les appli mobiles, les outils de recherche sur google, les millions de data partagées sur Internet…le sourceur a « digitalisé » ses process de recherche et il fait face à une concurrence exponentielle. Il a dû acquérir une expertise digitale non négligeable et oui il doit avoir de la séniorité.

  • Awatif G says:

    Très bonne article, avec une bonne définition, exactement ça !

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