Pour bien commencer l’année 2015 il me paraissait approprié de rédiger un article qui reprend les intérêts du campus management (ou en français « Relations Ecoles-Entreprises ») pour les écoles.

Que vous soyez salarié d’une entreprise ou d’un établissement de l’enseignement supérieur, vous connaissez généralement bien les intérêts qui vous concernent directement, mais moins ceux qui concernent vos partenaires. Et pourtant vous avez tout intérêt à bien comprendre les rouages de ces relations écoles/entreprises afin d’établir une stratégie qui soit en cohérence avec les besoins de vos partenaires. C’est pourquoi cet article est le premier volet d’un billet en deux parties, la seconde sera naturellement consacrée aux enjeux du campus management pour les entreprises.

Comme à chaque fois que je publie un billet sur #rmsnews au sujet de l’enseignement supérieur, je tiens à préciser que j’utilise le terme « écoles » pour désigner l’ensemble des établissements de l’enseignement supérieur. Je l’utilise de manière générique pour faciliter la lecture mais également parce que c’est celui qui est généralement utilisé par les campus manager eux-mêmes.

Entretien de recrutement

 

  • L’employabilité des diplômés

« L’objectif numéro 1 du boulanger est de vendre son pain, celui d’une école est de placer ses diplômés dans les entreprises », ceux qui me connaissent bien m’ont souvent entendu utiliser cette phrase. L’employabilité c’est d’après moi ce qui doit représenter le socle des relations entre les établissements et les entreprises.

En effet plus une école va placer ses étudiants dans les entreprises, que ce soit dans le cadre d’un stage, d’une alternance, ou d’un contrat de travail, plus sa structure sera solide et attractive. Attractive pour les étudiants bien sûr, mais également pour les autres entreprises.

Pour favoriser cette employabilité les écoles optent pour des solutions facilitant le travail du recruteur. En général elles cherchent à s’équiper d’une plateforme emploi (comme des petits jobboards) pour que les recruteurs puissent diffuser leurs offres le plus simplement possible. Je cite d’ailleurs souvent comme exemple la plateforme emploi « iCareers » de l’EM Lyon que je trouve particulièrement bien pensée.

D’ailleurs, les écoles sont de plus en plus nombreuses, toujours dans une logique de simplification du travail du recruteur, à signer des partenariats avec des prestataires qui vendent des solutions de diffusion d’annonces aux entreprises (comme Multiposting ou Talentplug, par exemple).

Evidemment les forums, speed-dating, etc participent également à travailler sur cette notion d’employabilité.

Taxe d'apprentissage

 

  • La taxe d’apprentissage

Toute personne ayant un jour travaillé dans une école, ou en relation avec ces dernières, sait que c’est une préoccupation vitale. Que ce soit par mail, par courrier ou encore par téléphone, les établissements déploient une énergie considérable pour s’assurer d’obtenir un pécule qui soit au minimum aussi important que celui de l’an passé.

Un sujet qui va continuer à être d’autant plus incontournable pour les écoles de commerce dont les CCI semblent vouloir se détacher et qui par conséquent voient leur financement se réduire à vue d’oeil. D’un côté les CCI souhaitent que les écoles dynamisent leur secteur économique régional, de l’autres les écoles se positionnent de plus en plus comme des tremplins pour l’international. Ces dernières années, les écoles de commerce ont énormément travaillé sur leur image d’école internationale, afin de répondre à un besoin exprimé par de plus en plus d’étudiants se disant désireux de construire leur carrière en dehors de nos frontières. Même si dans les faits, les étudiants sont bien plus nombreux à vouloir travailler à l’international au moment où ils entrent à l’école que lorsqu’ils en sortent, mais ce n’est pas le sujet de ce billet.

Le levier de la taxe d’apprentissage justifie d’ailleurs de plus en plus d’investissements. Certaines écoles sont même équipées d’une équipe de commerciaux qui prospectent toute la journée comme dans une entreprise commerciale. Il est désormais également courant que les écoles disposent d’un bureau parisien pour gérer les relations avec les entreprises et recevoir de potentiels partenaires à l’occasion de différents événements comme des conférences, cocktails, réunions, etc.

Top 10

 

  • Les classements

Quoi que fasse une école avec une entreprise cela a toujours un impact directement ou indirectement sur son classement, et c’est un sujet qui tient particulièrement à coeur aux écoles. Il est courant de penser que c’est essentiellement le cas des écoles de commerce, ce qui d’après moi est une erreur. C’est aussi bien le cas pour les universités et les écoles d’ingénieurs. Simplement, les écoles de commerce ont une culture de communication beaucoup plus développée et par conséquent on entend plus souvent parler des classements de ces dernières. Sans compter également qu’il y a tellement d’écoles d’ingénieurs et d’universités qu’elles sont généralement classées par sous-catégories.

Des classements que les entreprises influencent et utilisent à la fois. Que ce soit dans le cadre de leurs recrutements ou bien dans la réalisation de leurs grilles de salaires (on entend souvent dire des grilles qu’elles sont un mythe, et pourtant j’en ai vu de mes propres yeux).

Plus les entreprises travaillent avec les écoles, plus elles interviennent, plus elles recrutent, plus elles rémunèrent les diplômés, plus les établissements montent mécaniquement dans les classements.

Accréditations

 

  • Les accréditations

Après la taxe d’apprentissage et les classements, voilà encore un sujet épineux. D’ailleurs les accréditations, sur lesquelles les entreprises ont encore un impact, influencent également les classements, c’est dire le rôle qu’elles ont.

Pour le coup les accréditations représentent un enjeu majeur essentiellement pour les écoles de commerce. On entend régulièrement parler de AACSB et de EQUIS. L’un étant un organisme américain, l’autre belge.

Les démarches sont (très) coûteuses et nécessitent du personnel à plein temps pour réaliser les aspects administratifs et appliquer les normes imposées.

Tout comme pour les classements, les relations entre l’école concernée et les entreprises ont un impact important sur la délivrance ou non de ces labels de qualité.

Réunions

 

  • Professionnaliser les contenus pédagogiques

Le comité pédagogique c’est un peu le club des sages, et ce qui anime les membres de ce club c’est réussir à transmettre des savoirs utiles à l’épanouissement personnel et professionnel de leurs étudiants. Pour réaliser leur mission ils disposent généralement d’une base de connaissances qu’il faut impérativement transmettre ; à cela s’ajoute des savoirs utiles au monde du travail.

Toute la complexité réside justement dans l’injection de ces savoirs professionnels qui doivent être en lien avec la réalité du terrain. Pour ce faire les établissements de l’enseignement supérieur ont besoin des entreprises.

Cela passe par des modules co-animés par un professionnel et par un enseignant, voire même parfois complètement animé par un professionnel. C’est également le rôle que remplissent les intervenants qui viennent animer des ateliers ou des conférences.

Bourse

 

  • Connaître les besoins du marché à l’instant T

En étant au contact des entreprises, les établissements de l’enseignement supérieur peuvent adapter ce qu’ils proposent à leurs étudiants de manière à être plus en phase avec les besoins des entreprises.

On a, par exemple, constaté l’ouverture de filiales spécialisées dans la gestion de communautés sur les réseaux sociaux, des modules sur la marque employeur, des formations spécialisées dans l’analyse de data, etc.

L’occasion également pour les écoles de supprimer des formations qui n’offrent plus de débouchés et éviter ainsi de créer de la main d’oeuvre pour des métiers qui sont en train de disparaître.

Autant de modifications dans les programmes et formations qui correspondent à des besoins du marché.

Etudiants

 

  • Vendre leurs écoles aux étudiants

Les partenariats et la proximité avec les entreprises permettent aux étudiants de s’assurer que l’école qu’ils ont choisie correspond bien à un modèle qui a déjà fait ses preuves.

Plus une école travaille avec des entreprises, plus elle place ses étudiants dans des maisons prestigieuses, plus elle va attirer d’étudiants.

Si l’on regarde une plaquette d’école, on constate de manière systématique que les logos d’entreprises  y ont une place de choix.

Evidemment il existe d’autres avantages pour les écoles à travailler avec les entreprises, mais ce sont ceux qui à mes yeux ont le plus d’importance. Vos remarques et observations à ce sujet sont évidemment les bienvenues. Je suis également preneur des autres avantages qui ont tout autant d’importance d’après vous, que vous soyez salarié d’une entreprise ou représentant d’une école.

Je m’attelle rapidement à la rédaction de la seconde partie de ce billet qui détaillera les avantages qu’ont les entreprises à travailler avec les écoles, parce qu’elles aussi y trouvent bien entendu leur compte.

 

Crédit Photo : Shutterstock « Lunettes et livre » ; « Personnes qui attendent pour un entretien » ; « Taxe d’apprentissage » ; « Top 10 » ; « Réunions » ; « Bourse » ; « Etudiants« 

Pierre-Gaël Pasquiou

Pierre-Gaël travaille chez #rmstouch en tant que Responsable Partenariats et Business Development. Il forme également les BAIP des Universités et des Ecoles dans le cadre de l’utilisation des médias sociaux pour l’insertion professionnelle.