On nous parle sans arrêt de la tendance au retour à l’humain dans le processus de recrutement. Mais n’est-on pas aux pays des Bisounours ? Comment être humain quand une société comme L’Oréal reçoit chaque année 1,2 millions de CV ?

Comment résoudre le défi du non..de ce que les anglo-saxons appellent le « rejection business » ?

Humain par ci, humain par là…je pense que l’humain est autant dans la communication que dans le rapport au candidat cible. Pour les candidats non cible, que faire ? Les bisounours diraient qu’il faut traiter individuellement chaque candidature mais quand on reçoit 1,2 millions de CV, c’est évidemment impossible.

Voici quelques idées sur le sujet…

La tendance actuelle…à l’humain

Aujourd’hui, le candidat attend du professionnel du recrutement un comportement plus humain et plus individualisé…tout est transparent, tout est plus facile…Le recruteur ouvre une page facebook, affiche son profil sur les réseaux sociaux. Les sites carrière suivent la tendance, ils deviennent plus chauds, plus humains et promeuvent l’interaction.

Sur des sites de recrutement d’entreprises telles que Deloitte, on voit donc les profils des recruteurs avec une bio et un mail/téléphone de contact. On met un nom et une photo sur un recruteur.

La grande peur des recruteurs ? La sur-sollicitation et le raz-de-marée de mails…mais les retours terrain sont unanimes, le nombre de mails n’augmente pas, les sollicitations non plus.

L’humain est aussi sur les pages Facebook où les community managers répondent en direct aux questions du genre : « j’ai envoyé ma candidature tel jour mais je n’ai pas eu de réponse… » Allez voir sur la page Facebook « careers socgen » par exemple.

Mais l’humain a ses limites

L’humain a ses limites quand on reçoit des milliers de CVs voire des centaines de millier voire des millions…Comme c’est le cas pour L’Oréal ou Google. L’Oréal montre son côté humain avec des serious games comme Brandstorm où ils se rapprochent du candidat ou développent des approches très sélectives auprès de diplômés d’écoles. Mais comment être humains en rejetant presque 98% des CVs tout en donnant une réponse ?

Impossible évidemment…et les candidats qui attendent un retour en sont pour leur frais…et la situation ne changera pas quelque soient les réseaux sociaux et toute initiative dite « humaine ». Il s’agit d’appliquer un principe simple, LE principe de réalité.

Certes, le candidat va voir des informations sympathiques sur la société et si il est vraiment motivé, le candidat pourra faire une approche très personnalisée. Mais ne rêvons pas, les réseaux sociaux ne changeront pas la donne.

Si vous envoyez votre CV à L’Oréal, vous avez encore 98% de chance de ne pas être sélectionné…

Comment traiter ces candidats rejetés ? C’est une question que les réseaux sociaux ne résoudront pas et que les candidats ne doivent pas attendre…mais si l’entreprise traite les candidats avec respect sur les réseaux sociaux avec authenticité, on a déjà quelques éléments de réponse.

Quelles solutions?

Je n’ai pas de recettes miracles mais je crois qu’une communication la plus authentique possible sur les réseaux sociaux aidera l’entreprise (et le candidat) à faire un mariage durable.

Concrètement, L’Oréal a par exemple, une culture d’entreprise très forte tournée autour de la compétition forte entre les collaborateurs (environnement qui ne me convient pas du tout par exemple) et de l’importance de l’image (ce qui a du sens) avec un accent fort sur le marketing et développement produit. J’ai connu un certain nombre de jeunes diplômé(e)s qui se sont cassés les dents chez L’Oréal car ils étaient simplement pas adaptés à cette culture très compétitive…malgré leur amour du marketing et des produits beauté !

Autrement dit, sur les réseaux sociaux, il faudrait que L’Oréal communique sur cette culture forte…sans cacher la difficulté d’un tel environnement aux candidats. L’idée est de générer des candidatures adaptées à la culture…et je suis sûr qu’avec cette réalité, L’Oréal aurait moins de candidats mais plus en phase avec l’entreprise.

La solution, ne pas être trop corporate mais une image vraie pour générer moins de CV…

Alors être humain avec 1,2 millions de CV ? Impossible mais en étant authentique, on s’en rapproche.

L’humain c’est facile quand on ne reçoit pas de CV ou que la marque employeur n’est pas très développée…