Commençons par une courte histoire

Une femme attend à l’accueil d’une grande entreprise. Elle doit y rencontrer le DRH. Elle est anxieuse, elle cherche un emploi depuis plusieurs mois.

L’heure de son rendez-vous est très largement dépassée, mais personne ne l’informe, elle est énervée, elle a des contraintes personnelles, elle se décide à partir. A cet instant, une femme lui intime de la suivre dans son bureau, sans aucune politesse.

« Je suis Madame X, la DRH, je n’ai pas beaucoup de temps, décrivez moi votre parcours ». S’en suit une description de poste plus que succincte, quelques questions dont elle n’écoutera pas les réponses, un salaire au rabais, bref un entretien bâclé en 30mn. La candidate a donné une réponse négative le jour même sans même attendre un quelconque retour de la DRH.

L’annonce a été régulièrement publiée pendant… 6 mois.

J’étais cette candidate…

J’étais cette candidate et je postulais pour un poste de Responsable Ressources Humaines pour un grand groupe de restauration sur Paris.

Les entreprises ont du mal à recruter mais en même temps, font-elle maximum pour mieux recruter car cette histoire n’est pas unique en son genre.

respecter le candidat dans le recrutement

Des anecdotes comme celles-ci, j’en ai entendu un grand nombre. Le recrutement a mauvaise presse : fausses annonces, questions pièges, rigidité des recruteurs, non réponses, processus très longs.

Mon retour d’expérience en accompagnement de chercheurs d’emploi est sans appel, le sentiment qui prédomine face au recrutement est l’angoisse, le stress voire la peur. Le recruteur oublierait-il que le candidat est un futur employé en puissance ?

Quelle image de l’entreprise ou du client véhicule-t-on avec un tel comportement ? 

Etre aimable avec le candidat, confirmer le rendez-vous, l’accueillir chaleureusement, être ponctuel, s’assurer de son bien-être avant l’entretien, être respectueux, ne pas avoir d’à priori sur son expérience, donner une réponse négative argumentée… sont des étapes évidentes sur le papier mais souvent oubliées en pratique.

Alors oui, 300 candidatures à gérer, ce n’est pas simple mais chaque métier a ses contraintes. Je ne jette la pierre à personne, les contraintes opérationnelles sont les mêmes pour tous et les erreurs sont le lot de tous.

Et il y a aussi des candidats peu sérieux, mal intentionnés, mais n’en faisons pas une généralité.

Le candidat est une personne

Chercher un emploi, à plus forte raison quand on est sans, est un parcours difficile, chronophage.

Nous vivons une crise, cela ne donne à personne le droit d’en abuser. Françoise Dolto a dit : « le bébé est une personne », dans le recrutement, n’oublions jamais que le « le candidat est une personne ». En le mettant à l’aise, en étant ouvert, respectueux, transparent, l’échange n’en sera que plus aisé, et les informations recueillies plus complètes.

le candidat est une personne

Et même la réponse finale, si elle est négative, sera plus facile si le recruteur a faitpreuve d’humanité.

Un candidat a des sentiments, une histoire, des failles… mais aussi et surtout des compétences, des connaissances, une personnalité.

L’intégration d’un nouveau collaborateur commence dès le premier entretien d’embauche, ça donne à réfléchir sur la posture à adopter !

Isabelle Leys

Responsable ressources humaines depuis la fin 2000, Isabelle Leys a évolué majoritairement dans des PME, soit françaises, soit filiales de groupes internationaux.
Elle connaît bien le secteur de l’Informatique et des nouvelles technologies.

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