Le pouvoir du NON en recrutement
Par : Sophie Guenat
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En ce moment, j’enchaîne les interventions en formation.
Ce sont toujours de super moments d’échange, d’apprentissage et des rencontres humaines hyper enrichissantes.
Et ces derniers temps, une chose m’a frappée davantage que d’habitude : le sentiment que les recruteurs/sourceurs ne savent pas dire non.
Enfin, ils savent le dire oui mais plutôt ils n’osent pas vraiment le dire. Enfin pas dans certains cas.

Cette idée m’a frappé de plein fouet pendant un exercice pratique en mode « les booléens – le pouvoir du NOT ».
Si le non, l’exclusion, est un outil indispensable dans la construction de recherches pertinentes et ciblées, il n’est pas une évidence dès le début pour tout recruteur. Bon ça vous allez me dire ça s’apprend et c’est pour ça que j’interviens, entre autres. C’est juste.
Mais est-ce que ce NOT, ou plutôt son absence, n’aurait pas quelque chose d’un pattern dans la tête des recruteurs ?

Je ne suis pas là pour balancer des généralités sur « les recruteurs sont comme ci ou ça » mais bien pour essayer de déconstruire certains a priori ou idées reçues qui nous empêchent peut-être finalement d’avancer efficacement et plus rapidement dans nos missions. Le jeu, la chandelle tout ça tout ça.

 

Idée reçue n°1

« Je ne peux pas dire non à un client »

Traduction : j’accepte n’importe quelle mission – no questions asked. D’ailleurs c’est un peu en mode « je ne pas dire non à mon boss – ou à mon binôme ».
C’est de loin la plus récurrente et la plus tenace de toutes. Entre l’obligation contractuelle de résultats en entreprise et la pression commerciale en cabinet, chaque besoin, quel qu’en soit la nature, doit être honoré, point. La simple idée du non parait comme inconcevable. Aussi incohérente et surréaliste la demande soit-elle.
Et on en arrive donc naturellement à des situations de recrutements qui s’enlisent sur des mois (voire des années – oui vous avez bien lu), à la recherche d’une gira-licorne à 8 pattes qui habite dans un rayon de 5 km autour de Auch.
Et on continue et on continue à sourcer, à approcher, à faire des points avec des clients qui clairement n’ont, en l’état quasi aucune chance de recruter au final.

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Perte de temps, d’énergie et de motivation cela va sans dire.

Mais surtout dire non à ces clients-là, à cette demande précise, c’est quelque part dire non à d’autres potentiels recrutements à succès…

 

Idée reçue n°2

« Je veux rester le plus large possible, ne pas me fermer de portes »

Traduction : je matraque en masse et sur tous les fronts pour toucher et attirer un max de candidats.
QUID des personnes attirées et hors cible du coup ?
Nous ne le dirons jamais assez : le nerf de la guerre des Talents, c’est la stratégie.
Définir et tenir ses priorités, c’est ça LA plus-value de notre taf. Le reste, c’est de la déco.

Choisir c’est renoncer – un peu – mais pour être plus efficace – beaucoup.

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Ça se traduit par « non poster des annonces en masse sur toute une ribambelle de plateformes n’est pas la meilleure solution » voire « non poster une annonce n’est ici pas la meilleure solution du tout ».
Faites des choix !

Soyez stratégiques et pertinents vis-à-vis de votre cible, de ces canaux de communication et des écosystèmes dans lesquels elle évolue. Arrêtez de laisser vos commanditaires définir cette stratégie à votre place.
L’expert en recrutement, c’est vous !

 

Idée reçue n°3

« C’est le candidat idéal – on va trouver un arrangement »

Traduction : y’a un hic mais je dis rien – #sousletapis #capasse – il/elle est trop bien pour pas le/la présenter au client (et puis j’ai pas grand chose d’autre dans ma hotte de toutes façons) donc on y va, ça envoie de la paillette là.
On est tous·tes tombés dans ce piège un jour. Cette petite voix qui nous a dit « mmmm, vraiment ? nan mais parce que là il a clairement dit que c’était « un peu » loin de chez lui quand même » mais qu’on a pas écoutée.
Et cette zone grise qu’on a volontairement (soyons honnêtes) laissée dans l’ombre, va tôt ou tard revenir dans la lumière. Et plus tard ce sera, plus grande sera la déception : la vôtre, celle de votre client et celle du candidat dont vous n’avez pas entendu les besoins.

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Osez creuser les sujets de fond avec vos candidat·e·s : le salaire, la mobilité, les contraintes en tout genre etc. Vous devrez peut-être laisser partir une licorne bi-colore à un moment mais vous aurez davantage le temps et les ressources pour rebondir rapidement ensuite. Et conclure ce recrutement avec succès.

 

Le non c’est s’affirmer et faire des choix éclairés sur la meilleure stratégie pour aller le plus rapidement possible au bout de la mission. C’est assumer sa posture de recruteur expert et conseiller.

Faites-vous confiance et osez aller au bout de vos idées !

Et vous, vous arrive-t-il de dire non ?

 

Crédits photos : Pixabay, Librestock, Shutterstock, Pexels

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Geekette enthousiaste & passionnée de relations humaines, Sophie a eu l’occasion d’intervenir sur des missions très variées, principalement à l’international. Aujourd’hui Agent Spécial chez #rmstouch, elle met à profit son énergie et son sens du service auprès des entreprises, cabinets, institutions & écoles afin de promouvoir le recrutement de demain et les accompagner dans cette évolution. Nom de code : @sophilantropy Ce message s’autodétruira dans 10, 9, 8, …

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