Vous connaissez combien de personnes qui font du recrutement dans votre entourage ? Que disent-elles de leur métier au quotidien ?

Il y a les passionnés, les blasés, les besogneux et les administratifs (et bien d’autres encore)… comme dans tout métier et toute fonction, la façon d’approcher le métier est radicalement différente. C’est cette façon d’approcher le métier qui va faire évidemment la différence dans la performance et les résultats.

Vous savez ce recruteur qui reste un peu plus longtemps le mardi soir pour appeler ce super candidat qu’il a repéré l’autre jour ou encore cet autre qui va lire et se plonger avec curiosité sur les dernières nouveautés du recrutement et du sourcing pour améliorer son boulot au quotidien. Il est clair que c’est un métier tellement difficile qu’il faut avoir envie de sortir la tête du guidon et s’intéresser à ce qui se passe autour de soi.

Le recruteur de demain (et d’aujourd’hui) ne peut avoir une mentalité de fonctionnaire et envisager le recrutement comme un processus linéaire où je mets une annonce, j’attends, je sélectionne les candidats puis quand arrive 17h, je rentre chez moi (vous comprenez l’image, on peut très bien partir à 17h et être passionné).

Mais le sujet de mon article est de vous dire, chers recruteurs, que je vous aime.

 

Le recruteur, ce métier difficile

Je vous aime d’abord car vous faites un métier difficile et souvent ingrat et encore trop souvent mal reconnu en interne.

Mais quelle erreur pour les entreprises qui ne valorisent pas leur (service) recrutement !!

Les meilleures entreprises l’ont compris et créent à tour de bras des postes de « Talent Acquisition Manager » avec des budgets et de vraies responsabilités.

Les autres entreprises continuent de végéter avec des « départements recrutement » gérés par les mêmes personnes depuis des années qui vivent le recrutement comme un « acte administratif » et peu valorisés en interne (déjà entendu dans une grosse boite : « j’ai atterri au service recrutement parce qu’ils ne savaient pas où me recaser »).

Cela me rend triste car on ne construit pas l’entreprise du futur avec des talents qui ne peuvent pas être recrutés par ce type de service.

professionnel du recrutement

Donc oui, chers recruteurs, votre quotidien est fait de challenges pris entre les désirs de l’opérationnel qui veut tout le temps un mouton à 5 pattes voir très souvent un clone (« tu peux aller recruter un jeune de telle école, SVP ? ») et les candidats aux envies changeantes.

D’un côté vous devez souvent traiter des volumétries considérables de CVs (je me souviens de mes heures à éplucher des CVs) et de l’autre une absence totale de candidats sur certains métiers en tension. La pression est là, de toute part.

Le recrutement et plus généralement l’emploi sont devenus une activité éminemment sociale, le rôle des recruteurs est au cœur des questions sociales et sociétales de l’entreprise. Certaines entreprises transforment parfois leur service recrutement en machine à communiquer !

Candidats, entreprises, opérationnels, le recruteur se trouve au carrefour et doit malgré tout continuer à recruter.

Les gens attribuent souvent de super pouvoirs au recruteur car il n’a pas pris le temps de répondre aux candidatures alors qu’il est simplement débordé et qu’il n’est pas dans sa tour d’ivoire mais bien les pieds ancrés dans la réalité (trop sûrement).

Je vous aime aussi, chers recruteurs, car les pressions pour changer sont constantes. D’un côté, vous avez vos annonces habituelles et de l’autre, on vous parle de sourcing (chasse ou approche) alors que vous n’en avez jamais fait. Les start-ups et les innovations RH/recrutement se multiplient et dans ce maelstrom, vous devez distinguer ce qui relève de la mode avec ce qui relève du changement durable.

Oui je vous aime car recruter est un métier dur, les recruteurs en entreprise et en cabinet sont d’ailleurs souvent jeunes et restent rarement en poste dans la fonction, le recrutement est encore trop souvent une activité de transition. Ce recruteur deviendra manager ou opérationnel ou même consultant RH (qui paraît plus noble que consultant recrutement).

Enfin, le recruteur et le recrutement manquent singulièrement de reconnaissance, c’est un boulot foncièrement ingrat où quand tout se passe bien, personne ne dit rien (on ne sait pas évaluer encore aujourd’hui un bon recrutement et les KPIs sont encore flous voir inexistants) mais quand on se plante, le monde nous tombe dessus.

Chers recruteurs, vous n’avez pas souvent la distance pour voir et comprendre les changements et les évolutions du secteur mais je peux vous assurer que vous êtes stratégiques et le temps ne fera que confirmer mon affirmation.

La valeur ajoutée du 21e siècle se situe non pas dans le capital mais bien dans la ressource humaine, j’en avais déjà parlé ici.

Alors prêts pour le grand saut ?

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Soyez fiers de votre métier car vous êtes VRAIMENT importants

Qui suis-je pour vous dire ça ?

J’aime mon métier, je forme et j’accompagne des services recrutement à se transformer depuis maintenant 2010 et je mange du recrutement matin, midi et soir (ma femme est aussi recruteuse). J’observe ce métier avec attention et amour depuis 2006 et je peux vous dire que le meilleur est à venir.

Certes les fondamentaux du métier vont rester les mêmes à savoir la capacité du recruteur à sélectionner un candidat, à évaluer, à trouver mais les outils et le contexte vont changer pour apporter un mieux ou en tout cas faire évoluer le métier.

Exit les recruteurs administratifs qui ne voient le métier que comme une façon de gagner leur vie, l’entreprise va réinvestir le recrutement dans l’entreprise et donc faire monter en compétences ses équipes voir recruter les compétences manquantes en externe si besoin.

Je pense fondamentalement que la valeur ajoutée des bons recruteurs pour une entreprise est phénoménale… quand on sait qu’un top performeur rapporte 10 fois plus qu’un performeur moyen.

Les postes de « Talent Acquisition Managers » et même de « Sourceurs » commencent à fleurir un peu partout car l’entreprise se rend compte qu’il faut prendre le train du recrutement en marche (encore ce matin je recevais un mail d’un contact qui me demandait si je connaissais un talent acquisition manager !).

Le métier aura demain plus de moyens, plus de compétences, plus d’investissement, j’en suis persuadé.

Chers recruteurs, soyez donc fiers car vous êtes sur un métier avec une vraie valeur ajoutée.

 

Soyez curieux car votre métier change

Soyez aussi curieux car ce métier change et change vite. Hier le recruteur s’asseyait sur une chaise et mettait des annonces, aujourd’hui il met des annonces, chasse, communique sur les réseaux sociaux (en tout cas pour certains), il se fait appeler 10 fois/jour par une nouvelle start-up dans le recrutement.

Paradoxalement ce sont autant les compétences techniques (sourcing et autres…) que les compétences soft qui vont compter.

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La première des compétences soft qui va compter pour moi sera la curiosité. Curiosité pour le métier, curiosité pour aller voir l’opérationnel, curiosité pour les changements technologiques, curiosité se tenir en veille sur ce qui se passe, envie d’échanger avec ses pairs.

La deuxième compétence sera la capacité à convaincre et à vendre. Le recruteur deviendra de plus en plus un métier d’influence et d’influenceur où il faut convaincre le candidat (voir lui vendre un poste), influencer l’opérationnel (qu’il ne faut pas recruter que des clones par exemple), influencer les autres parties prenantes par ses partages et des prises de parole en-ligne (rappelez-vous le recrutement a des enjeux sociétaux forts).

La troisième compétence est éminemment relationnelle. Le métier de recruteur est un métier de relation et du coup, et au lieu d’opposer la technologie à l’humain, faisons travailler les deux ensembles. La capacité du recruteur à entrer en relation avec toutes les parties prenantes est clé pour son succès et donc avec cette compétence relationnelle vient toutes les compétences afférentes (écoute…).

J’ai d’ailleurs remarqué une grande tendance dans les conférences sur le recrutement dernièrement (et notamment #TruParis mais pas que) à nous rabâcher que  l’humain est plus important que la technologie et que le recruteur est avant tout un être humain qui en choisit d’autres.

Je trouve ce débat stérile et sans intérêt car dire que le recrutement est avant tout un acte fait par des humains et que les humains sont la valeur ajoutée c’est comme dire que l’eau ça mouille, cela n’apporte rien au débat ni à la réflexion.

Cherchons plutôt un moyen d’optimiser la technologie pour mettre de l’humain là où on en a besoin le plus par exemple la capacité à convaincre et à influencer.

 

Quelle conclusion ?

Je vous aime, chers recruteurs car vous faites un métier difficile pris entre des clients (internes et externes) aux exigences contraires voir changeantes. Je vous aime car avec le digital, vous êtes les premiers chez les RH (même si pour certains, le recrutement n’est pas une fonction RH) à prendre de plein fouet la transformation du métier le tout sans être jamais ou rarement reconnus.

On vous demande tour à tour de recruter, communiquer, sourcer, évaluer, devenir ambassadeur…le tout dans un environnement changeant où tous les jours de nouvelles solutions/start-ups émergent.

Je vous aime aussi car vous devez être fiers de ce que vous faites au quotidien et de l’impact du recrutement sur l’entreprise. Vous faites un beau métier !

Il faut quand même se rappeler que le recrutement est une activité transactionnelle où il faut repartir de zéro après chaque placement, relancer la roue.

J’espère que les recruteurs entendront mon appel de fierté, d’importance et d’amour du métier.

Curiosité, relationnel, influence sont les compétences du recruteur pour moi. Le reste suivra !

N’hésitez pas à partager vos envies et votre amour du métier en commentaires 🙂  car il est temps de montrer votre fierté, chers recruteurs !

 

Crédit photo : shutterstock :Confident superman in cape and mask standing on ruinsBusinessman in classic superman pose tearing his shirt open to reveal t shirt with blank chest for messageSuperman concept with man in red coverHero superman flying above city with smoke left behind concept

 

Laurent Brouat

Ancien associé de #rmstouch, Laurent est Directeur de Link Humans France depuis 2015.

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