3 Point Clés pour votre stratégie Campus Management
Par : Claire Guillemain
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Ayant été responsable relations entreprise en école et campus manager en entreprise, je souhaitais aborder dans ce premier article 3 points clés pour construire sa stratégie relations écoles en tant qu’entreprise.

Le Campus Management est un volet essentiel de la stratégie de recrutement des jeunes talents. C’est l’ensemble des actions destinées aux étudiants pour attirer, identifier, sourcer, sélectionner et recruter les jeunes diplômés. Elles permettent d’assurer un flux constant et récurrent de stagiaires, alternants ou jeunes diplômés pour l’entreprise. Ces actions sont indissociables de la marque employeur et des objectifs de recrutement. La première étape quand on travaille ses relations écoles c’est de répondre aux questions : Quels messages je veux transmettre ? Quels retours je souhaite voir ? Quels objectifs de recrutement je veux atteindre ?

Une fois que l’on a les réponses à ces questions essentielles, on aborde 3 points clés des relations écoles: constance, patience et transparence.

Jeune professeur
« Constance » car il faut penser sa politique relations écoles sur le long terme. Seules des actions inscrites sur le long terme permettent de mesurer un retour sur investissement. Il est difficile d’évaluer les actions « one-shot » car les étudiants sur les campus changent chaque année, et même chaque trimestre. Ainsi, participer une fois à un forum ou à un cours peut donner un retour immédiat, type 1 cours = 1 stagiaire, mais si l’on a des besoins réguliers et importants, il faut réitérer sa présence pour que le « Buzz » inter-étudiants fonctionne entre promo et d’une promo à l’autre.

Comment développer ce buzz ? En relayant le message par un rendez-vous récurrent avec les étudiants et en étant présent sur l’ensemble des media chaque trimestre: réseaux sociaux, print, présence physique en cours, forums…Tout cela permet d’instaurer sa marque employeur.

Un des outils très puissants c’est la présence dans les cours. Dans certaines écoles de commerce, le cours sur le merchandising est devenu le cours de « l’entreprise X ». On trouve aussi des cours qui ont été conçus avec l’industriel et le distributeur, ou le fournisseur et le client. Certaines entreprises sont des incontournables pour les professeurs et pour les étudiants. Les acteurs du marché l’ont bien compris : ils se sont aussi insérés dans la pédagogie. Ainsi, Studyka, plateforme de challenges online pour les entreprises, propose un contenu dans le cadre de cours. Ou encore Keymatch, organisateur de matchs étudiants, joue ses matchs entreprise dans des cours en accord avec les professeurs.

Bref, tout doit être mis en œuvre pour que, l’étudiant pense à votre entreprise quand il cherchera son stage ou son premier job.

Homme en costume

« Patience » car il faut 3 à 5 ans pour commencer à mesurer les premiers retours. En effet, c’est au bout de 3 ans que l’on commence à voir progresser les indicateurs de mesure. Quels sont ces indicateurs ?Nous pouvons définir tout d’abord des indicateurs qualitatifs sur la marque employeur. Il existe des enquêtes de notoriété dédiées aux étudiants : Enquête Universum, Enquête Trendence, etc. Grâce à celles-ci, on définit les axes à travailler : Suis-je une entreprise connue des étudiants ? Si je suis connue, suis-je attractive ? …

Puis, on définit des indicateurs quantitatifs : nombre de stagiaires ou d’alternants de chaque école présents dans l’entreprise, nombre de candidatures reçues par école, taux de transformation stage/CDI par école…Les indicateurs quantitatifs et qualitatifs sont alors rapportés avec les budgets investis (Taxe d’apprentissage, don, mécénat, soutien aux associations, budget recherche). Cela permet de mesurer le retour sur investissement.

De là, on peut accepter d’investir pendant deux ou trois ans dans une école pour récolter les fruits de ses efforts. C’est également ce comparatif qui permettra d’orienter ou de repenser ses actions futures. De cette analyse, 4 grandes tendances se dégagent en relation école: les relations à poursuivre, les relations à développer, les relations à redéfinir et les relations où il est préférable de ne pas investir.

Debat présidentiel
Enfin, le dernier point clé c’est la « Transparence ». On n’attire pas les jeunes si le fossé entre la vision perçue et la vision réelle de l’entreprise est trop important. Là encore, l’effet « Bad-buzz » joue vite en la défaveur de l’entreprise. Il faut donc être transparent et ne pas survendre son entreprise. Lorsqu’un candidat se présente à un entretien, nous attendons qu’il soit transparent sur son parcours, ses attentes, ses motivations, ses valeurs. Il en va de même pour ce dernier, il attend de nous que nous lui présentions l’entreprise telle qu’elle est réellement.

Il ne faut pas chercher non plus à coller aux « tendances » du marché. Mettre en avant que l’on est une entreprise digitale alors que le top management ne connait pas les réseaux sociaux, c’est compliqué. En revanche, dire que l’entreprise se digitalise et que donc, elle recherche des profils digitaux, c’est plus concret. L’étudiant sait qu’il sera plongé dans un contexte de transformation où il y a tout à faire, et non pas chez Google ou Facebook. A retenir : les étudiants parlent entre eux et les conséquences de mauvaises expériences font vite le tour des campus et des écoles!

 

En résumé : les relations écoles ça se tissent. Quand on démarre une stratégie relations écoles, il faut savoir que c’est un travail à long terme, qui mérite des ajustements permanents : par rapport aux besoins en recrutement, à la politique marque employeur de l’entreprise, aux retours des étudiants et des candidats.

Le sujet des relations écoles est vaste et nous pourrions également parler de l’engagement des collaborateurs, de l’expérience candidat, des réseaux sociaux, des ambassadeurs, de l’innovation RH, du corps professoral…

Qui a dit que le Campus Management n’était plus utile ?

 

Crédit Photos : Shutterstock « Deux étudiants dans un amphi » ; « Jeune professeur dans une salle de classe » ; « Homme en costume » ; « Débat présidentiel aux USA« 

 

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Claire Guillemain

En mars 2014, Claire crée Go For Talent, conjuguant ainsi son intérêt pour l’insertion des jeunes diplômés en entreprise et sa passion pour le marketing RH. Go For Talent fait le lien entre les entreprises et les grandes écoles et propose ses services à ces deux cibles. Diplômée de SKEMA Lille et après une expérience de 5 ans en marketing et communication, Claire est responsable des partenariats entreprises à l’ ESSEC Business School. Elle a développé des événements recrutement et conseillé les entreprises pour déployer leur marque employeur. En 2012, elle a rejoint le Groupe SEB en tant que Campus Manager International déployant l’image du Groupe dans les Grandes Ecoles et Universités en France et à l’international. Elle est aussi formatrice et intervenante dans les écoles.

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