#rmsconf

#rmsconf
Travail ou Emploi ? La boucle est bouclée (par Valère Desmazières – #rmsconf 2018)
Par : Valère Desmazières
0
travail emploi valere desmazieres

« Le chômage ça existe parce qu’il y a du travail, s’il y’avait plus de travail, y’aurait plus de chômage. Le problème, c’est le travail ! ». La solution était pourtant si simple, si simple que c’est Jean-Claude Van Damme qui a résolu l’une des plus grandes problématiques de notre société post-industrielle… Oui, mais à un détail près : c’est qu’il ne s’agit non pas de travail mais bien d’emploi ! Si vous pensez que je joue sur les mots : détrompez-vous car la différence est passionnante. Elle sera d’ailleurs débattue par de nombreux experts lors de la 8ème édition #rmsconf, le 9 octobre prochain !

travail emploi artisanat

 

L’emploi, une forme de travail parmi tant d’autres !

« Un emploi, en économie, consiste à utiliser des personnes actives de la population pour réaliser des activités économiques. Il s’agit souvent d’un contrat passé entre deux parties, l’employeur et le salarié, pour la réalisation d’un travail contre une rémunération »Si l’emploi correspond au cadre, alors le travail correspond à la nature de l’activité réalisée par la personne employée.

 

On ne parle que d’emploi, le travail tout le monde s’en fout !

Quand on parle de chômage de masse, de profils difficiles à recruter, de notre projet professionnel, du dossier administratif pour changer de logement (CDI bonjour)… on ne parle que d’emploi, reléguant ainsi le travail au second plan. Si l’emploi a tant de valeur aux yeux de la société, c’est parce son nombre est limité. Avoir un emploi est aujourd’hui considéré comme quelque chose de précieux qu’il faut préserver « à tout prix » alors qu’en face le travail est quant à lui incommensurable. C’est évident, mais rappelons quand même qu’il n’y a pas un emploi derrière chaque personne qui travaille (chercher un emploi est un travail à plein temps, travailler en tant que bénévole dans une association, un retraité qui s’occupe de ses petits enfants après l’école, et ainsi de suite…).

 

Mais d’ailleurs, pourquoi travaillons-nous ?

Personne ne travaille pour travailler. Travailler n’est pas une fin en soi. Nous travaillons pour satisfaire un besoin vis-à-vis de nous-même ou d’autrui. Nous travaillons pour survivre, pour vivre, pour nous faire plaisir, pour faire plaisir à ceux que l’on aime… mais nous ne travaillons pas pour travailler. D’ailleurs qu’est ce que ça veut dire ? Travailler c’est exercer une activité sur notre environnement dans le but de satisfaire nos besoins. À l’inverse le travail que nous avons produit nous transforme en retour et nous permet de nous réaliser.

travail emploi artisanat

 

Nous travaillons pour nous réaliser… vraiment ?!

Si le travail dépasse la simple notion de survie, il doit également permettre à la personne de se distinguer au travers de ses réalisations. Mais est-ce toujours le cas ?

 

Le développement de l’emploi coïncide avec la déshumanisation du travail

Durant la révolution industrielle, la main d’oeuvre nécessaire au fonctionnement des mines et des usines est régie par l’emploi. Pour augmenter la productivité de ces entreprises, le taylorisme a rationalisé le travail des ouvriers en décomposant la complexité des métiers. Si à l’origine le métier est artisanal, il se transforme en une série de tâches simples et réalisables via un mode opératoire très détaillé où l’ordre des tâches est précis et minutieusement contrôlé dans le temps. Avec l’Organisation Scientifique du Travail, c’est l’entreprise qui prend en charge la nature même du travail au détriment de celui qui le réalise. La personne perd ainsi la vision globale du processus de fabrication. Elle se voit dépossédée de sa liberté professionnelle et ne peut plus produire en accord avec son expérience, son savoir et ses convictions professionnelles.

 

De l’automatisation à la robotisation, du soulagement à la coexistence

C’est uniquement car le travail est décomposé que l’automatisation se développe sur les chaines de production. Si dans un premier temps la machine réalise les tâches répétitives ou dangereuses, elle cohabite progressivement avec l’homme jusqu’à le remplacer sur certaines activités, tout domaine et tout niveau d’expertise confondu. Qu’il s’agisse d’automatisation mécanique ou informatique, l’emploi laisse progressivement sa place à une forme d’intelligence artificielle et de robotisation du travail. Sans rentrer dans le débat des chiffres, cette destruction d’emplois provoquée par la nouvelle révolution industrielle impacte encore davantage la nature du travail. En effet, sa réalisation s’effectue de manière encore plus indépendante et éloignée de l’intervention humaine.

travail emploi rouage

 

Comment le déclin de l’emploi annonce le renouveau du travail

Pour compléter la réponse intéressante mais imprécise de Jean-Claude Van Damme, je vous propose une autre citation, tout aussi pertinente à la question de l’emploi dans nos sociétés post-industrielles : « Les problèmes auxquels nous sommes confrontés ne peuvent pas être résolus avec les habitudes de pensée qui sont à l’origine de leur apparition” – Albert Einstein

 

L’emploi est une forme de dictature consentante 

Il y a ceux qui ont le choix et qui changent d’emploi quand celui-ci ne leur convient plus et il y a ceux qui n’ont hélas pas le choix et qui le subissent pour diverses raisons… En effet, le monde de l’entreprise n’est pas conçu pour être un modèle démocratique ou ascendant. Je ne dis pas que toutes les entreprises sont inhumaines ou horribles, bien au contraire, mais que la situation n’a peut-être pas tant évolué depuis 100 ans.

Aujourd’hui les entreprises ont conscience qu’elles ont un rôle à jouer pour répondre aux nouvelles attentes des citoyens, de leurs clients, de leurs collaborateurs. Elles adoptent une démarche RSE, développe les actions QVT, font la promotion de leur Marque Employeur…

À titre d’exemple, même quand l’entreprise s’intéresse au bonheur de ses collaborateurs (ce qui est parfaitement louable au passage), c’est elle qui décide quels sont les dispositifs qu’elle estime être bon pour eux… Alors qu’il n’y a surement pas plus personnel que la question du bonheur. L’entreprise va proposer une conciergerie, des activités sportives, mettre en place des systèmes de co-voiturage entre collaborateurs, un babyfoot, une PS4…

C’est certain, la mise en place de ses attributs agit sur le bien être et le plaisir des collaborateurs au travail. Mais sans se voiler la face, l’objectif principal est à la fois de fidéliser et de booster leur engagement mais pas d’agir sur la nature même du travail puisqu’il existe toujours autant de procédures, de reporting, de pression…

travail emploi prison

 

Si les personnes comprennent pourquoi on les emploie, elles ne comprennent plus pourquoi elles travaillent !

Peut être que le véritable bonheur au travail est de permettre à chaque collaborateur de travailler avec le plus de liberté possible, comme il l’entend : des horaires adaptés, les outils dont il a besoin, un périmètre d’intervention décloisonné mais surtout les missions qui lui permettent de se réaliser en lui redonnant VRAIMENT la main sur son métier.

À titre d’exemple, à l’heure où j’écris ces lignes : j’apprends qu’une recruteuse que j’invite personnellement à #rmsconf ne pourra venir que si elle pose une journée de CP et paie personnellement son déplacement. Selon son manageur, le thème de cet évènement parisien (#rmsconf) n’est pas dans son Scope. Le recrutement n’est-il pas justement le lien parfait entre emploi et travail ? Les mots me manquent… face à l’ampleur de la tâche…

Pour faire face à ces aberrations subies au quotidien, à l’augmentation du burnout ou des bullshit jobs, une nouvelle vague émerge. Elle s’appelle « la révolte des premiers de la classe » (de Jean-Laurent Cassely) où de jeunes cadres plaquent tout pour monter un business plus proche du réel, l’envolée du phénomène Freelance qui permet de choisir ses missions et ses clients, la mise en avant des Sociétés Coopératives et Participatives, l’engouement des slashers à cumuler plusieurs activités… Ces déserteurs de « l’emploi classique », dont nous-en connaissons tous, dessinent un nouvel avenir du travail.

emploi travail bureau

Pour conclure, revenons sur le mot robot, saviez-vous qu’il provient du mot tchèque « robota » signifiant « travail, besogne, corvée » et qu’on le retrouve également la racine du mot « Rab » qui signifie « esclave » en russe ?

On pourrait tout à fait imaginer que la robotisation puisse, dans un futur proche, libérer l’humain de l’emploi pour lui permettre de se consacrer pleinement au travail, un travail qu’il pourra réaliser avec une certaine forme de liberté, en accord avec ses convictions professionnelles et en congruence avec ses valeurs. Un travail où il pourra finalement également se réaliser lui-même… Mais le monde est-il vraiment prêt à l’entendre ?

Pour répondre ensemble à cette question, je vous donne rendez-vous le 9 octobre lors de la prochaine édition #rmsconf. 😉

 

 

Recrutement, Marque Employeur : suivez toute l’actualité #rmstouch !


The following two tabs change content below.

Valère Desmazières

Consultant & formateur en recrutement innovant chez #rmstouch
Depuis son premier cours sur les Ressources Humaines en 2009, Valère s’est passionné pour le développement des compétences. Il a eu l’occasion de travailler pendant 3 ans sur les thématiques du Campus Management, du recrutement et de la formation professionnelle. Lors de cette expérience, il confronte sa vision idéaliste du métier à la réalité du terrain et réalise que la fonction RH manque cruellement d’innovation. Il prend conscience que la philosophie du métier doit évoluer et que s’il n’a pas la possibilité de le faire en interne, c’est à l’extérieur qu’il y participera. C’est dans cette optique qu’il rejoint l’équipe #rmstouch en 2015 et contribue à sa manière, par l’écriture sur #rmsnews et l’animation de formations, à l’éveil et au développement de ces nouvelles pratiques de recrutement & marque employeur.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *